18  mai 2003, No 678

Suttyhudeo Tengur :


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

“Steven Obeegadoo a remis en question
le fondement de l’accord entre l’Église
catholique et l’État”


Suttyhudeo Tengur


Suttyhudeo Tengur, président de la GHTU, va dans le même sens que le père Maurice Labour en mettant sur le dos de Steven Obeegadoo la remise en cause de l’accord entre l’Église et l’État, en date de 1976.

Q : Que va-t-il se passer le 30 juin?
R :
Le 30 juin sera décisif pour l’admission au secondaire en 2004 car on saura si le jugement des juges Balancy et Narayen - rendu le 3 décembre 2002 stipulant que le jugement du 13 novembre de la même année ne doit pas être appliqué jusqu’à novembre 2003 - sera étendu au-delà de novembre 2003.

Q : Quelle sera votre position le 30 juin?
R :
Nous allons dire haut et fort et en des termes clairs que le jugement majoritaire du 3 décembre 2002 de la Cour suprême émis par les juges Balancy et Narayen, est mal fondé en droit et qu’il ne faut pas qu’il y ait une ‘stay of execution’ du jugement du 13 novembre 2002 qui faisait ressortir que la pratique de réserver 50% des sièges est anticonstitutionnelle.

Q : Pourquoi êtes-vous partie prenante de cette affaire?
R :
Quand j’ai été élu pour la première fois président de la ‘Government Hindi Teachers Union’ en 1982, je m’étais résolu à utiliser tous les moyens disponibles pour combattre les inégalités dans le système de l’éducation à Maurice. En 1995, j’ai contesté au ‘Privy Council’ un jugement de la Cour suprême qui déclarait que l’inclusion des langues asiatiques au niveau du CPE était anticonstitutionnelle; c’était une réussite. En 2002, j’ai contesté le principe d’admission dans les collèges qui se basent sur les critères religieux. La Cour suprême nous a donné gain de cause. Le diocèse de Port-Louis n’est pas d’accord avec ce jugement et a fait appel au ‘Privy Council’. Voilà notre implication dans cette affaire.

Q : Dans un communiqué, le père Labour déclare : “L’appel au ‘Privy Council’ n’a pas pour objectif simplement de retrouver la possibilité de recruter 50% de nos élèves selon nos propres critères et maintenir ainsi 50% de catholiques dans nos écoles. Nous n’allons pas au ‘Privy Council’ pour obtenir un quota! Nous y allons pour demander à l’autorité juridique ultime de notre pays d’établir clairement quels sont, d’après la Constitution du pays, les droits que nous avons en tant que collège catholique subventionné par l’État. Oui ou non, l’État a-t-il la volonté politique de donner au pays les moyens du pluralisme de l’éducation? ”. Pourriez-vous commenter cela?
R :
Il n’y a pas de doute. Dans le cadre de l’éducation gratuite, l’État a l’obligation de payer la scolarité de tous les enfants mauriciens, toutes religions confondues. D’autre part, le diocèse de Port-Louis a le droit moral et légal d’admettre les enfants mauriciens dans ses collèges d’après ses critères, mais étant donné que Maurice est un pays de droits, ces critères ne doivent pas aller à l’encontre des lois existantes dans le pays. Dans ce cas précis, à savoir l’admission d’après les critères de la religion, ceux-ci violent la section 35 de notre ‘Education Act’ qui stipule que même si une école ne dépend pas de l’État, elle ne doit pas refuser l’accès à un enfant mauricien sur les principes des critères religieux. Il faut souligner que le critère en question est à l’encontre de la convention de l’UNES-CO qui est contre la discrimination dans l’éducation.

Q : Pourriez-vous commenter la situation actuelle?
R :
Si nous en sommes à ce point aujourd’hui, c’est la faute du ministre de l’Éducation, Steven Obeegadoo. Il a joué un mauvais tour au diocèse de Port-Louis. Du ministre Jagatsingh, en passant par Ramduth Jaddoo, Armoogum Parsuramen, James Burty David à Kadress Pillay, l’accord de 1976 entre le gouvernement et le diocèse de Port-Louis a toujours été respecté. Le ministre Obeegadoo a remis en question, par l’intermédiaire de ses avocats en Cour suprême en novembre 2002, le fondement même de l’accord de 1976 entre l’Église catholique et l’État. Cette situation est la conséquence de la mauvaise foi du ministre de l’Éducation.

Jean-François Cossigny