18  mai 2003, No 678

Le sort des collèges confessionnels


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

L’Église s’interroge sur l’agenda caché
du gouvernement

À quelques semaines du jugement qui doit être rendu par le Privy Council concernant le sort des collèges catholiques, le diocèse de Port-Louis, à travers son vicaire général, Jean-Maurice Labour, s’interroge sur “l’agenda à peine caché du gouvernement de faire disparaître les collèges privés confessionnels” . Dans la tribune publiée ci-dessous, Jean-Maurice Labour exprime le point de vue de l’Église sur la crise dans l’éducation.


“Le silence autour de la crise de l’éducation soulevée par le jugement de la Cour suprême du 13 novembre 2002 ne devrait pas faire illusion. La crise est belle et bien présente. Nous sommes comme dans l’oeil d’un cyclone : après le calme plat arrivera la tempête. Nous avons fait ‘bons zenfants’ pour permettre aux admissions 2003 de se faire dans des conditions plutôt calmes... mais à quel prix? Les premiers coups de vents arrivent déjà dans la colère des managers des collèges privés. Ils dénoncent, je cite : “le breakdown du partenariat entre le ministère et le privé”. Ils le découvrent enfin! Car entre l’Église catholique et le gouvernement le partenariat a été ébranlé sur les bancs de la Cour suprême quand le gouvernement a viré casaque : nous l’avons maintes fois répété. On ne comprend pas toujours comment, alors qu’en 1976, le gouvernement invite l’Église catholique comme partenaire, en toute connaissance de ses critères et de son identité, celui d’aujourd’hui peut venir dire en 2003 qu’il ignore ces critères et cette identité. Si ce n’est pas un lachage, cela lui ressemble.
Le fin fond de cette crise ne serait-elle pas dans l’agenda à peine caché du gouvernement de faire disparaître tous les collèges privés confessionnels ou non? Il construit des dizaines de collèges pour absorber tous les élèves du secondaire. Les collèges privés les plus faibles disparaîtront en premier, puis disparaîtront les autres au fur et à mesure de leur asphyxie par manque de moyens, de saignée des enseignants et des élèves qui émigreront vers le gouvernement. (Nous allons vers l’école unique, la presse unique : c’est la pensée politique du gouvernement, c’est sa culture.) Les amendements proposés sur les lois régissant la liberté de la presse sont dans la même logique. Il n’y a aucune illusion à se faire.
Les interventions onctueuses du ministre de l’Éducation ne nous trompent pas. Il temporise en “donnant des pistaches”. En attendant, il baisse les critères d’admission en form VI pour janvier 2003 dans les collèges du gouvernement (3 credit au lieu de 4) pour remplir les gros collèges d’État, procède à deux reprises à des annonces de presse pour l’admission en Lower 6 dans les collèges d’État, braconnant ainsi dans les collèges privés, recrute des professeurs sans scrupule aucun dans notre secteur en plein trimestre, causant de graves problèmes de remplacement et de classes laissées sans professeurs, et enfin, enlève aux enseignants du privé l’incitation des trois incréments qui récompensent les efforts de ceux qui ont passé le Teachers Diploma et le B. Ed. Faut-il un dessin pour comprendre le dessein d’asphyxie programmée?
C’est pourquoi, plus que jamais, le recours au Privy Council est nécessaire. L’appel au Privy Council n’a pas pour objectif simplement de retrouver la possibilité de recruter 50% de nos élèves selon nos propres critères et de maintenir ainsi 50% de catholiques dans nos écoles. Nous n’allons pas au Privy Council pour obtenir un quota ! Nous y allons pour demander à l’autorité juridique ultime de notre pays d’établir clairement quels sont, d’après la Constitution du pays, les droits que nous avons en tant que collèges catholiques subventionnés par l’État. Oui ou non l’État a-t-il la volonté politique de donner au pays les moyens du pluralisme de l’éducation ? S’il a cette volonté politique, il trouvera les moyens de nous soutenir dans cette lutte juridique; alors il sera un vrai partenaire. Pas la peine qu’il se cache derrière le juridique. La tentation de la pensée unique, de l’école unique, de la presse unique est derrière la porte.
Il est très important pour la paix sociale de notre pays que soient clairement établis par l’autorité compétente suprême, les droits des collèges confessionnels, catholiques ou autres comme ceux de tout collège privé financé par l’État “in lieu of parents”. Nous ne pouvons pas continuer à nous satisfaire d’arrangements (50% - 50% ou autre), même s’ils sont sanctionnés par un Select Committee de l’Assemblée Nationale. Car tout arrangement peut être remis en cause et contesté en Cour, comme nous l’a amplement montré l’actualité en 2002.”

En attendant, l’éducation catholique ne chôme pas, loin de là. Le combat continue
“Pour ce qui concerne le recours au Privy, toutes les démarches ont été complétées : soumission des “records” de la Cour suprême au Privy Council, réception officielle de “l’Appeal number”, “acknowledgement” par la Cour Suprême de la réception des documents, la pétition proposée est en cours de soumission par notre “Privy Council Agent”. Il nous reste à attendre que la date du “hearing” devant la Privy Council soit fixée et espérons que nous saurons cette date au plus tard le 30 juin, date à laquelle nous aurons à soumettre à la Cour suprême le “Report Progress”. Le jugement adviendra-t-il avant les procédures d’admissions pour 2004 ?
Une réflexion a été menée par les différents acteurs de nos collèges : le personnel enseignant et non-enseignant, les Boards of Management et les Boards of Governors, les Parents Teachers Associations, les Students’ Councils ainsi que dans certains cas, ceux qui sont engagés dans différentes formes d’accompagnement scolaire. Cette réflexion vise à envisager avec précision les implications pédagogiques et financières des solutions qui s’offrent à nous dans n’importe quelle éventualité. Des études ont été menées par des professionnels pour chiffrer les coûts exacts de l’éducation dans nos collèges. Établir le coût exact de l’éducation dans nos collèges ne signifie pas que nous acceptions la solution payante dans le cas où nous perdons au Privy Council. Selon le jugement du Privy Council nous aurons à inventer de manière responsable comment exercer nos droits ainsi établis dans la situation sociale spécifique de l’Île Maurice d’aujourd’hui. Il nous faut nous baser sur des données objectivement chiffrées.
Autant dire que nous nous tenons prêts devant le jugement, quel qu’il soit, pour agir le plus vite possible dans l’intérêt des élèves”.

Père Jean Maurice Labour
Relations Publiques