18  mai 2003, No 678

Economist Intelligence Unit de la Grande-Bretagne


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

Rapport négatif sur Pravind Jugnauth


Pravind Jugnauth


Le dernier rapport de l’’Economist Intelligence Unit’ de la Grande-Bretagne, publié en mars dernier, est très défavorable à Pravind Jugnauth.

En page 14 de ce rapport, à l’item intitulé ‘Nepotism aids the rise of Pravind Jugnauth’, il est mentionné que sir Anerood Jugnauth voudrait que son fils occupe les mêmes fonctions que lui. Pravind Jugnauth est défini comme étant “un politicien inexpérimenté, mais semble être capable et honnête”. Toutefois, le rapport note que “sans les connexions de sa famille, la route qui l’aurait mené à occuper les plus hautes fonctions au sein de l’État aurait été difficile et plus longue”. Sur ce chapitre, le rapport mentionne que même si le pays a besoin d’un apport de sang neuf pour l’avenir, “il est à se demander si le népotisme a sa place dans le monde politique moderne que le pays veut construire, car la montée de Pravind Jugauth suggère la consolidation d’une dynastie politique”.

Cassam Uteem, leader des musulmans
L’autre sujet qui retient l’attention dans ce rapport est sans conteste l’intention de Cassam Uteem de refaire de la politique active. Au chapitre ‘Ex-President ponders a political come-back’, l’auteur britannique note que les musulmans du pays ne se sentent pas à l’aise, non par peur de répression, mais plus dans le contexte de la lutte à travers le monde contre le fondamentalisme religieux et le terrorisme. “Maurice est un fervent partisan de la lutte contre ces groupes du fait même que son secteur offshore est vulnérable au blanchiment de l’argent provenant du terrorisme ”, écrit le rapport. C’est dans ce contexte qu’il explique l’incertitude des musulmans de Maurice qui sont à la recherche d’un leader fort : “Les principaux groupes politiques musulmans tentent de se regrouper en une alliance informelle pour s’unir au sein de l’Opposition ‘around the left-of-centre Parti Travailliste’, mais ont besoin d’un leader d’envergure au niveau national”.
Et le nom de Cassam Uteem apparaît : “Il semble plus que possible que l’ex-Président de la République, Cassam Uteem, pourrait accepter de jouer ce rôle”. L’auteur du rapport rappelle que Cassam Uteem avait démissionné de son poste en février 2002 après avoir refusé de donner son assentiment en deux occasions à une “tough anti-terrorism legislation put forward by the Government and passed by Parliament ”. Mention est également faite de la respectabilité du personnage au sein du public et “pourrait être un formidable concurrent aux prochaines élections générales en 2005 ”. Toutefois, Cassam Uteem joue bien sa carte en ne laissant pas entrevoir ses intentions réelles, “but has become noticeably visible on the political scene once again”. Si l’ex-occupant de la State House est en faveur de la qualité du développement économique, il est, par contre - dit le rapport en page 14 - “en faveur d’une politique étrangère moins asservie aux pays de l’Ouest, principalement les États-Unis ”.
Pour ce qui est de l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre, le rapport mentionne que cela devrait se faire sans problème : “La transition pour que Paul Bérenger devienne Premier ministre en remplacement de sir Anerood Jugnauth a été bien préparée et faite dans la transparence. Pour la majorité de la population, le changement sera un ‘non-event’, même cet événement “is stirring up opposition from conservative elements ”.
Au niveau de la politique en général, le rapport de l’Economist Intelligence Unit’ fait ressortir que même si le pays connaît une stabilité enviable, au-dessous de cet aspect existe “an ethnic element to politics ” caractérisé par un partage des pouvoirs politiques et économiques entre “les hindous, les musulmans et les descendants des Français ”. Par contre, pour l’autre communauté, les créoles, ils sont bien mal lotis : “L’autre principal groupe que constituent les créoles, une race mélangée, demeure démuni d’influence. Toutefois, il est difficile pour la vieille garde politique hindoue et musulmane d’accepter la promotion de Bérenger, un Mauricien blanc. Traditionnellement, le poste de Premier ministre a été conservé au sein de la communauté hindoue ”.
La corruption occupe une large place dans le rapport. En page 15, à l’item ‘New revelations of corruption emerge’, l’auteur du rapport est très sévère pour le gouvernement. L’arrestation de Mukheswur Choonee par l’ICAC est commentée en ces termes : “Cette arrestation a été dénoncée par des leaders hindous comme ayant été motivée par des raisons racistes. Ces leaders ont relevé le fait que le ministre hindou a été détenu avec les criminels alors que les autres personnalités publiques non-hindoues arrêtées dans les mêmes circonstances se sont vu offrir des privilèges spéciaux quand elles étaient interrogées ”. Ce même groupe d’hindous critique la partialité de la presse qui est anti-hindoue et aide à l’accession de Paul Bérenger au poste de PM. “Aucune de ces allégations n’est fondée, mais le fait que ces critiques sont faites publiquement n’aide pas à la bonne santé démocratique du pays”, peut-on lire dans le rapport.
L’auteur du rapport relate aussi le fait qu’il existe des critiques à l’effet que l’ICAC a échoué dans l’aboutissement de longues enquêtes, comme celle d’un ministre suspecté d’être impliqué dans une affaire qui a défrayé la chronique à Maurice. “Pour toute réponse, l’ICAC avance que cette institution manque de personnel. Un fait que beaucoup interprètent comme étant un acte délibéré de la part du gouvernement visant à ralentir les enquêtes de l’ICAC ”, écrit-on dans le rapport.

Jean-Claude Dedans


Cassam Uteem : “De la pure spéculation”
Commentant le rapport, Cassam Uteem déclare que “ce qui est dit sur moi n’est que de la pure spéculation ”. Toutefois, il admet que le rapport est respecté et respectable, car certaines de ses analyses se sont avérées justes dans le passé.