18 mai 2003, No 678

Analyse

Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Christophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

Méthode moderne
syndicats modernes

Par G.C

Il faut cesser de courir derrière l’inflation. La méthode est trop vieille et ne sert plus l’intérêt de ceux qu’elle est censée protéger.

À quoi ça sert de dire que l’inflation a été de l’ordre de 5% ou de 6,5% et, par conséquent, réclamer une hausse de salaires à proportion égale, même si parfois on arrive à grignoter quelques points au bon vouloir du patronat ? Cela ne fait que compenser le pouvoir d’achat perdu. Pis, la méthode prépare déjà la prochaine inflation.


Il y a 70 ans déjà, l’économiste John Maynard Keynes, le gourou moderne de l’après-guerre, fit un réquisitoire contre tous ceux souffrant de ce qu’il appelait “l’illusion monétaire”. Tout en affichant la satisfaction d’avoir pu se faire octroyer une compensation (sic) salariale, l’employé syndiqué se fait vite rattraper par la hausse des prix, la hausse de ses salaires ne faisant que se greffer sur le prix du produit qu’il est appelé à acheter lui-même. Véritable catch 22 ! Il peut sans doute affirmer que son produit, tel un T-shirt ou un autre produit exporté à l’étranger, est acheté par des Anglais ou des Français. Il sera bien vite déçu : les Anglais et les Français ont préféré acheter ailleurs : au Sri-Lanka ou en Chine, le T-shirt mauricien étant devenu trop cher.

Fort heureusement, les employés mauriciens n’ont jamais vraiment compté que sur les syndicats pour se voir octroyer des compensations salariales ou pour améliorer la qualité de leur vie. La hausse des salaires, en général, a toujours battu - et parfois à plate couture - le taux d’inflation, selon les dernières statistiques publiées par le Bureau Central des Statistiques, par rapport à la hausse des taux de salaires de base qui a été de l’ordre de plus de 7% par an au cours de ces 12 dernières années. Cela, avant même la prise en compte de tous les autres avantages pécuniers tels que le boni de fin d’année, les paiements des heures supplémentaires et les autres gains monétaires. Ce qui, en additionnant tous ces avantages hors salaires, reviendrait à un taux effectif de hausse dépassant largement les 8% annuellement au cours de ces deux décennies écoulées.

Mieux encore. Ceux dont la profession requiert une certaine formation et le savoir-faire ont bénéficié d’une hausse de salaires nettement plus intéressante. Ainsi, les employés des secteurs de l’hôtellerie et de la construction, par exemple, se sont vu octroyer des hausses de salaires et d’autres avantages pécuniers, dépassant, a priori, les 10% en 2002.

S’il faut être convaincu de l’amélioration relative du niveau de vie des Mauriciens au fil des années - conséquence immédiate de leurs gains monétaires - jetons un coup d’oeil sur les gains matériels des foyers mauriciens au cours de la dernière décennie.

Selon les statistiques publiées le 14 mai par le même Bureau Central des Statistiques, sur les 223 821 logis recensés par les autorités, plus de 86% sont en toute propriété alors que 9% des chefs de famille interrogés ne sont pas propriétaires des maisons qu’ils occupent. Comparez cela à la situation en 1990. Sur les 220 550 familles recensées à l’époque, 75% étaient propriétaires et 15% locataires. Le progrès en ce qu’il s’agit de la possession d’une maison est indéniable. On peut pousser le raisonnement encore un peu plus loin en y ajoutant les choses matérielles telles qu’un réfrigérateur ou un téléviseur. La conclusion n’est guère différente.

La société mauricienne a beaucoup changé depuis les années 70 quand commencèrent les premières négociations tripartites. La structure de l’économie mauricienne était alors dominée par le sucre et notre sort était à la merci de la conjoncture des prix du sucre sur le marché mondial ainsi qu’aux aléas des conditions climatiques. Aujourd’hui, notre bien-être est bien fonction de notre capacité à battre nos concurrents sur le marché mondial des T-shirts, des chemises, des services de l’hôtellerie et, bientôt, de notre aptitude à vendre les infrastructures de la nouvelle cybercité et à inventer une nouvelle génération d’intelligence technologique.

Les pays nouvellement industrialisés, à l’image de l’Irlande, de Singapour et de Hong Kong, se sont longtemps dotés de ces nouvelles conditions pour réussir. Là-bas, les hausses des salaires se déterminent chaque jour et chaque mois sur la richesse nouvellement créée. Les employés et les patrons ne peuvent se prévaloir d’une amélioration de leurs conditions que si le gâteau est fait. Avant que le partage ne soit fait. Quitte à s’assoeir en tripartite !!

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