18 mai 2003, No 678

Tractations politiques


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

Tentative de donner le ministère de la Justice
à Razack Peeroo


Razack Peeroo


Le retour sur la scène politique de Razack Peeroo dans les rangs du MMM se concrétiserait par la nomination du politicien comme ministre de la Justice.
Cette possibilité a été au menu des discussions entre Paul Bérenger, Razack Peeroo et un ministre en vue du MMM en la résidence du VPM à River Walk, le samedi 10 mai dernier en début de soirée. Le rapprochement avec cet ex-élément travailliste s’est fait en deux étapes. La première date de quelques semaines déjà. Les ponts étaient jetés entre l’ex-ministre rouge et le ministre en vue du MMM. Rien de formel n’avait cependant été alors discuté, sauf que ce membre du Bureau Politique du MMM avait fait savoir à Razack Peeroo que ce serait bien s’il songeait à se rapprocher de son parti “pour donner un coup de main en vue de l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre”. Puis, les choses se sont tassées jusqu’à l’épisode Chady.
Le même jour où l’affaire éclate dans la presse, soit le vendredi 9 mai, le ministre MMM prend contact avec Razack Peeroo et tous deux sont d’accord pour une rencontre au domicile de Paul Bérenger le samedi 10 mai. Au menu principal des discussions : comment faire revenir la communauté musulmane derrière le MMM. Selon nos informations, il a été décidé qu’il faut un élément fort de cette communauté à l’Assemblée nationale, du côté du MMM surtout, pour rallier les musulmans avant que le VPM ne devienne PM.
Razack Peeroo a dit qu’il peut aider à travailler le terrain, surtout à Plaine Verte. Mais en quelle capacité ? D’avocat ? D’ex-parlementaire travailliste ? C’est alors que l’idée a germé pour travailler une formule afin de donner cette autorité à Razack Peeroo. Même si les choses ne sont pas encore au stade final, l’intention est de tenter de donner le ministère de la Justice à l’ex-élément rouge. Comme il est avocat, il n’a pas besoin d’être député pour occuper ces fonctions. Les discussions sérieuses reprendront au cours de cette semaine, à la lumière des derniers développements sur la scène politique, en vue d’éventuelles défections dans les rangs travaillistes. Paul Bérenger a demandé à Razack Peeroo de “travailler” Reza Issack qui pourrait devenir député si Ahmad Jeewah est nommé à la vice-présidence en septembre prochain. Ce que lui a promis l’invité Peeroo.
Il nous revient aussi que Paul Bérenger a commenté l’affaire Chady lors de la réunion des parlementaires de la majorité avant la séance de l’Assemblée nationale, mardi dernier. Le VPM a dit qu’il laisse l’affaire “boil ” mais que depuis le 1er mai, les choses se sont précipitées. Le ministre des Finances a toutefois précisé aux parlementaires de la majorité que pour le moment il n’était pas question de l’adhésion du démissionnaire travailliste au MMM. Il a aussi révélé que Siddick Chady a laissé savoir, il y a quatre mois, son intention de se rapprocher du gouvernement mais “que c’est entré dans une oreille pour sortir par l’autre ”. Par contre, pour ce qui est de Razack Peeroo, Paul Bérenger a été élogieux à son égard et a déclaré à tous ceux présents “qu’il est un bon élément ”. Il ne s’est pas appesanti sur la question.

Jean-Claude Dedans


Razack Peeroo : “Il faut casser le tabou d’avoir un Premier ministre hindou et ‘vaish’ ”

Razack Peeroo explique son rapprochement du MMM par le fait que l’accessison de Paul Bérenger au poste de Premier ministre permettra de casser un tabou qui fait jusqu’ici obligation d’avoir un hindou ‘vaish’ comme PM.

Pour lui, il est plus que temps de faire appliquer ce que prévoit la Constitution du pays, c’est-à-dire que nous sommes tous égaux et que n’importe quel citoyen mauricien a le droit de se présenter comme chef du gouvernement. “L’occasion se présente, avec l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre, pour casser ce vieux tabou qu’il faut être un hindou et un vaish de surcroît pour être qualifié pour devenir le chef du gouvernement. C’est pour cela que je condamne fermement tous ceux qui mènent campagne contre cette accession et ceux qui refusent de voir la réalité en face”, dit Razack Peeroo.
L’ancien parlementaire rouge dit être conscient des problèmes auxquels font face ses coreligionnaires, principalement à Plaine Verte, et qu’il faut, selon lui, y trouver des solutions. “Je ne me suis pas approché du MMM pour des raisons spécifiques; je veux donner un coup de main au pays. J’ai discuté avec Paul Bérenger des attentes de la communauté et aussi des défis auxquels le pays a à faire face et nous sommes sur la même longueur d’onde”, dit encore Razack Peeroo. Il avance que c’est futile de la part de l’Opposition travailliste et extra-parlementaire de combattre un homme à cause de son épiderme et non en raison de ses idées : “Moi aussi j’ai combattu Paul Bérenger, mais jamais sur son appartenance ethnique et sur la couleur de sa peau; je me suis battu contre certaines de ses idées ”.


Siddick Chady: “Le PTr s’est servi de moi et n’a pas voulu de mon électorat”

Siddick Chady explique les raisons de sa démission du PTr, parle de ses démarches après cette démission ainsi que de ses actions parlementaires en soulignant que “le PTr s’est servi de moi et n’a pas voulu de mon électorat”.

C’était lors d’une conférence de presse, hier. Siddick Chady affirme que, selon lui, chaque politicien doit avoir ses propres principes. Pour lui, il est fondamental d’assumer des responsabiltés envers le pays, sa circonscription et envers sa communauté. Siddick Chady dit vouloir siéger en indépendant pour servir sa circonscription. À une question de ‘5-Plus dimanche’ qui voulait savoir s’il s’est senti ‘wanted’ ou ‘unwanted’ au sein du Ptr, le rouge démissionnaire a répondu : “Le Ptr s’est servi de moi et n’a pas voulu de mon électorat”. Siddick Chady devait aussi préciser qu’il n’y a eu aucune négociation avec l’état-major de l’alliance gouvernementale : “Je ne me joindrai pas au gouvernement; sauf s’il y a une situation catastrophique”. Toutefois, il affirme ne pas vouloir être un candidat indépendant lors des prochaines législatives pour éviter ce qu’il appelle son “suicide politique”. Éventuellement, il contractera une alliance avec un parti qui épousera aussi ses idées, après avoir formé son propre parti, chose qui ne saurait tarder, dit Siddick Chady. Il ne compte pas non plus démissionner de l’Assemblée nationale.
“Je ne crois pas que je vais pouvoir lancer mes idées ni au sein du PTr ni d’un quelconque parti.” Cependant, le député du No 3 dit que les options sont ouvertes au cas où il se retrouvrait avec des partis qui “épouseraient ses idées, dont la promotion de la justice sociale.” Siddick Chady siégera en indépendant à l’Assemblée nationale tout en précisant qu’il ne fera partie ni du gouvernement ni de l’opposition. Ses actions parlementaires, dit-il, seront portées vers le développement et la promotion de la justice sociale après qu’il aura recueilli les doléances de ses mandants. “Ma démission du PTr ne veut pas dire que je conteste le leadership de Navin Ramgoolam. Il n’y a pas eu de concertation entre Alain Laridon, Razack Peeroo et moi avant que je soumette ma démission du PTr”, déclare Siddick Chady.

Hansley Antoine