18 mai 2003, No 678

Raffick Goolfee, chef agent du MMM à Plaine Verte :


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

“Cassam Uteem doit soutenir
le MMM quand Paul Bérenger sera PM”


À l’origine de la démission de Siddick Chady du Parti Travailliste, Raffick Goolfee est d’avis que tous les musulmans qui ont soutenu Paul Bérenger durant plus d’un quart de siècle doivent soutenir le leader du MMM quand il accédera au poste de PM. Il pense surtout à Cassam Uteem.

Q : Avez-vous été mandaté par quelqu’un du MMM pour faire le ‘donkey work’ et aller négocier avec Siddick Chady, Alain Laridon et d’autres du PTr ?
R :
Personne au MMM ne m’a mandaté pour aller discuter avec les contestataires du PTr. Je dois préciser une chose : je vis quotidiennement une réalité à Port-Louis, plus précisément à Plaine Verte. Les musulmans sont entrés dans un piège en prêtant foi aux discours du Hizbullah pour dénigrer Paul Bérenger. Depuis quelque temps, le Parti Travailliste s’est associé à cette même stratégie qui consiste à contrer le leader du MMM et à attaquer sa personnalité. Avec un groupe de camarades, on a décidé de casser soit le Hizbullah, soit le PTr. On est arrivés à la conclusion qu’il serait mieux pour nous d’approcher quelques têtes du PTr pour leur faire comprendre qu’il ne sert à rien de crier sur tous les toits que Paul Bérenger ne doit pas devenir Premier ministre. Qu’ils le veuillent ou non, Paul le sera.

Q : Est-ce qu’au moins Paul Bérenger était au courant de votre démarche ?
R :
Étant donné que Paul Bérenger est un chef, je l’ai mis au courant, mais seulement le lendemain du jour où j’ai lancé le message de ralliement autour de lui chez votre confrère ‘Star’. Je lui ai surtout relayé le ‘good response’ de cet appel où bon nombre de personnes, et non des moindres, avaient répondu qu’ils voulaient donner un coup de main pour son accession au poste de Premier ministre dans quelques mois.

Q : Vous lui aviez donné la liste de ceux qui voulaient déserter le PTr ?
R :
Certainement, je lui ai dit que Siddick Chady voulait quitter le PTr, de même qu’Alain Laridon et ceux qui réfléchissent positivement dans le même sens. Surtout ces personnes qui l’avaient traité de tous les noms et qui, aujourd’hui, reconnaissent qu’elles avaient fait une erreur et qu’elles voudraient lui présenter leurs excuses.

Q : La communauté musulmane à Plaine Verte était divisée, une partie soutenant le PTr, l’autre le MMM, quelques-uns le Hizbullah. Comment la situation se présente-t-elle à présent?
R :
D’abord, je me sens plus libre de mes mouvements à Plaine Verte depuis ces derniers événements. Ensuite, je suis heureux et même confiant de pouvoir arrêter cette hémorragie de notre électorat traditionnel qui profitait directement au PTr. Je pense ici aux circonscriptions Nos 2 et 3. Il fallait faire quelque chose pour empêcher que cette politique anti-Paul Bérenger qui mordait ne gagnât d’autres régions.

Q : Votre démarche ne semble pas faire l’unanimité au sein même du MMM. Vos commentaires ?
R :
Certains au MMM ont mal compris une chose fondamentale : Siddick Chady ne quitte pas le PTr pour adhérer au MMM dans les heures qui suivent. Notre parti a des structures et tout se décide à la base pour remonter vers le Bureau politique. Ils ont compris maintenant, je crois.

Q : Est-ce que la porte du MMM est ouverte à d’autres, par exemple à Cassam Uteem ?
R :
Il est regrettable que jusqu’à maintenant, les Osman Gendoo, Bashir Khodabux et Cassam Uteem ne réagissent pas à l’appel lancé afin qu’ils se rallient autour de l’accession de Bérenger au poste de PM. On les attend encore.

Q : Doivent-ils revenir au bercail, c’est-à-dire au MMM ?
R :
Ce que je veux, c’est un soutien inconditionnel à notre leader. Voilà trois ex-députés qui ont été élus à Plaine Verte sous la bannière du MMM durant plus de vingt ans et qui jouent aux abonnés absents quand un événement de cette taille arrive. Ils ont trois mois pour réagir positivement, sinon l’histoire retiendra leur silence.

Q : Vous ne répondez pas à ma question, M. Goolfee. Cassam Uteem doit-il faire un come-back au sein du MMM ?
R :
Cassam Uteem, tout comme ses deux anciens collistiers, doit soutenir le MMM quand Paul Bérenger sera PM. Parce qu’ils ont été tous à l’école du MMM.

Q : À l’Assemblée nationale mardi dernier, Siddick Chady a été la risée du gouvernement, principalement de Paul Bérenger et des siens. Vos commentaires ?
R :
Ce sont leurs habitudes. Siddick Chady est un élu du No 3; il doit s’occuper de ses mandants et leur faire bénéficier de tous les avantages possibles. D’où son ‘move’.

Q : Donc, Siddick Chady sera membre du gouvernement MSM/MMM grâce à vous ?
R :
Je n’ai pas fait ce que j’ai fait pour que Chady entre au gouvernement. Mon analyse est la suivante : derrière lui, il y a ses mandants. Donc, s’il veut travailler pour ses mandants, forcément, il doit donner un coup de main au gouvernement.

Q : Est-ce un blâme pour les deux élus mauves et le PPS du MSM au No 3 ?
R :
Les habitants des circonscriptions Nos 2 et 3 attendent beaucoup de leurs élus. Ils disent qu’il y a eu des manquements et un manque réel de dialogue ces deux années et demie. Je sens qu’après les derniers événements, un enthousiasme est né et tous les députés donnent l’air de vouloir enfin travailler pour les circonscriptions 2 et 3.

Q : Dans votre entreprise de séduction, vous ciblez aussi Razack Peeroo qui est en retrait de la politique active ?
R :
Je ne l’ai pas contacté personnellement, mais je sais qu’il y a eu des contacts de haut niveau. Razack Peeroo a de l’amitié pour Paul Bérenger. Quand Navin Ramgoolam avait révoqué le leader du MMM en 1997, Razack Peeroo avait, ce jour-là, reproché au leader du PTr son geste et l’avait mis en garde parce que c’était une mauvaise décision.

Q : Est-que Razack Peeroo peut parler au nom de la communauté musulmane ?
R :
Définitivement, il le peut. La communauté musulmane a besoin d’un ‘front runner’. Actuellement, il n’y en a pas à l’Assemblée nationale.

Q : Vous vous retrouvez avec deux musulmans ‘forts’ symboliquement, Siddick Chady et Razack Peeroo. Lequel des deux, selon vous, est plus apte à jouer ce rôle de ‘front runner’ ?
R :
À ce stade, je ne peux rien dire et c’est le leader qui décide. Les musulmans ont besoin d’une personne bien dynamique. Un ‘fighter’.

Q : Le seul souci du MMM demeure-t-il de récupérer ce qui lui appartenait durant 25 ans, c’est-à-dire la communauté musulmane?
R :
Avec les tractations de ces derniers jours, les musulmans ont compris que Paul Bérenger voudrait qu’ils reviennent au MMM. Ils reviennent, je puis vous l’assurer, à voir le ‘mood’ à Plaine Verte. On va revivre les belles époques. C’est un ‘revival’ de 1982 où toute la nation était derrière le MMM.

Q : Cela ne risque-t-il pas d’indisposer le partenaire MSM?
R :
Quand Plaine Verte redevient mauve, c’est au profit des deux composantes de l’alliance MSM/MMM. Ces deux partis ont pour origine la même famille militante.

Q : Tant qu’à faire, pourquoi ne lancez-vous pas un appel pour un gouvernement d’unité nationale ?
R :
C’est mon rêve le plus cher. Qui sait ?

Q : N’y aura-t-il pas un trop-plein de musulmans au sein du MMM avec la venue de Chady, de Peeroo, et éventuellement de Reza Issack et d’autres encore ?
R :
Quand je fais un appel pour que tous les musulmans se rallient à l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre, cela ne veut pas dire qu’ils doivent tous devenir députés ou ministres. Il y a d’autres sphères où ils pourraient évoluer, surtout au niveau social.


Goolfee, fier d’être un bérengiste
Fidèle d’entre les fidèles, Raffick Goolfee est de ces hommes pour qui le MMM est devenu une religion dont Paul Bérenger est le guru. On peut ne pas l’aimer ; on lui reproche volontiers sa propension à n’être qu’un béni-oui-oui du leader du MMM. Mais lui n’en a cure de ces critiques. Sa force : il a l’oreille du chef. Il manigance sans état d’âme et peut brûler aujourd’hui ce qu’il a adoré hier, au nom du MMM. Plutôt, au nom de son leader. Marié à Fazila, ce père de trois enfants (Yasmina, Yusuf Alli et Ismaël), 40 ans bien entamés, a rejoint les rangs du MMM en 1969 quand Paul Bérenger et Jooneed Jeerooburkhan s’étaient fait tabasser par des nervis du PMSD à l’arrière de la mairie de la capitale. Avec quelques potes de Plaine Verte, il s’engage à ouvrir le premier régional du No 3 après avoir suivi quelques cours de formation en s’abreuvant des bouquins de France Fanon et de Paulo Freire. “Je me souviens comment on récoltait de l’argent des membres. Il y en avait qui n’arrivaient même pas à cotiser les 5 sous qu’on leur demandait ”, dit Raffick Goolfee en riant. Pourtant, ils étaient des militants dans l’âme. Petit à petit, cet agent devenait une figure incontournable dans son quartier et était l’homme-orchestre sur lequel Paul Bérenger comptait pour organiser des réunions clandestines à l’époque. Puis, il a vécu des alliances et des mésalliances, sans jamais remettre en question le choix de son leader. “Quand Paul Bérenger pisse à gauche, je pisse à gauche aussi”, déclare ce bérengiste qui est à la fois moniteur d’auto-école et propriétaire d’une petite pâtisserie qui fait des gâteaux ‘trois pou dix’.
Aujourd’hui, il s’impatiente en attendant que l’avènement de son guru au poste de PM soit chose faite. Car, pour lui, Paul Bérenger, au-delà de l’homme, “est un Mauricien pur-sang, un anti-communaliste et un rassembleur né”. Ce qui ne serait pas de l’avis de beaucoup, même au sein de son propre parti. Il le sait et il s’en fout royalement.

Jean-Claude Dedans
jc.dedans@5plusltd.com