18  mai 2003, No 678

À l’occasion de la Journée Internationale de la Famille


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

La souffrance des enfants sans famille

Il y a ceux qui vivent dans leur cocon familial où l’amour est omniprésent. Et puis il y a d’autres, ces enfants qui n’ont pas la joie de connaître l’ambiance d’une famille. Rencontre avec Elsa, 12 ans, Pascal, 10 ans, deux orphelins, Devi, 8 ans, abandonnée dès sa naissance, et Kunal, 10 ans, dont toute la famille croupit en prison.


Si Pascal et Elsa, frère et soeur, ont trouvé refuge dans une famille d’accueil sans enfants, en revanche, Kunal vit, depuis l’emprisonnement de ses parents, chez une tante. Quant à Devi, elle est devenue pensionnaire d’un couvent après que sa mère l’eut abandonnée à l’hôpital quelques heures après sa venue au monde. Quatre enfants ayant connu des parcours différents mais qui ont un point commun : ils sont envahis par la même tristesse : celle de ne pas grandir entourés de leurs parents biologiques.
L’attente sera longue pour Kunal : neuf ans avant qu’il ne puisse retrouver ses parents et son frère qui retrouveront la liberté au bout de cette période. Âgé de dix ans, ce petit bonhomme, dont la famille est derrière les barreaux pour trafic de drogue, ne souhaite qu’une chose : revoir sa famille au complet réunie à nouveau comme au bon vieux temps. “J’ai vraiment hâte de revoir ma maman, mon papa et mon frère à la maison et de les serrer contre moi pour leur dire qu’ils m’ont beaucoup manqué et combien je les aime”, dit Kunal. Cela fait plus de six mois que le petit Kunal a été séparé de sa famille après que les policiers eurent perquisitionné leur domicile et trouvé de l’héroïne. “C’était terrible de voir les membres de sa famille traqués comme des bêtes par les policiers après la découverte de la drogue dans notre demeure”, dit l’enfant. Kunal nous dit qu’il n’oubliera pas de si tôt cette arrestation qui s’est déroulée sous ses yeux. Le désordre qu’avaient fait les policiers dans la maison, une image qui lui revient constamment à l’esprit : ses parents qui sont partis, escortés par les membres de la force policière. “La rupture avec ma famille a été brutale, c’est comme si on m’arrachait le coeur. Les policiers les ont emmenés dans le milieu carcéral comme s’ils étaient des criminels”, dit Kunal. Et depuis l’arrestation de ses parents, Kunal est sous la charge de Vidya, sa tante paternelle. “Mon frère m’a demandé de prendre soin du petit et j’ai accepté car c’est mon devoir de m’occuper de mon neveu”, nous dit Vidya.
Pour ce garçonnet, être aux côtés de sa famille lui manque énormément. Petit de taille, Kunal, qui est en cinquième, fait montre d’une maturité extrême et d’une ouverture d’esprit extraordinaire pour son âge. Il ne cesse de donner du fil à retordre à ses proches et leur lance en pleine figure qu’ils ne sont pas ses parents. “Je sais que mes proches m’aiment beaucoup. Moi aussi, je les adore, mais ils ne sont pas mes parents et ils ne pourront jamais les remplacer”, dit l’enfant. Pour Kunal, la journée de la famille, célébrée à l’école jeudi dernier, n’a aucun sens puisque les membres de sa famille sont loin de lui et qu’il n’est pas autorisé à les voir quotidiennement. Cet enfant attend impatiemment leur retour. “Neuf ans, c’est pas demain, mais je les attends pour rattraper le temps perdu”, conclut-il.
Si le destin permettra à Kunal de retrouver sa famille après neuf ans, Elsa et son frère Pascal, deux orphelins, n’auront pas cette joie car leurs parents sont décédés.

Suicide
“On n’a pas vraiment connu nos parents et on ne les connaîtra jamais”, disent les deux orphelins. Elsa, la soeur aînée, avait trois ans et son frère n’avait qu’un an quand leurs parents ont mis fin à leurs jours. Brigitte, la mère, s’est suicidée en aspergeant ses vêtements de pétrole et en y mettant le feu. Elle avait appris que son mari la trompait. Quelques mois plus tard le père, noyé dans son chagrin et pris de remords, se donna, lui aussi, la mort. Après le décès de leurs parents, Elsa et Pascal habitèrent chez leur grand-mère mais un an plus tard, cette dernière mourut d’un cancer. “Nous n’avons connu que des tragédies dans notre vie”, disent-ils. N’ayant personne pour s’occuper d’eux après le décès de la grand-mère, les deux orphelins ont été placés dans un couvent où ils ont vécu avec les religieuses pendant plus de six ans. Cela fait six mois qu’ils ont été recueillis par une famille d’accueil sans enfants. “Les religieuses étaient très attentionnées et aimables avec nous, mais avoir ses parents à ses côtés est autre chose”, dit Elsa. “Le couple nous a bien accueillis, on ne peut pas dire le contraire. Il finance notre éducation et subvient à tous nos besoins”, ajoutent-ils. Mais pour Elsa et Pascal, leurs parents d’accueil ne sont pas leurs parents biologiques; ils se disent attristés que certains croient qu’ils sont leurs véritables parents. “On n’apprécie pas que les voisins, profs, amis et autres nous disent que ces personnes sont désormais nos parents. Ce n’est pas vrai, nos parents sont morts et personne ne pourra prendre leur place dans notre coeur et aussi dans notre tête”, disent les deux gamins. Le rêve d’Elsa et Pascal est le même : créer un jour une famille avec beaucoup d’enfants. “Si un jour, nous avons des enfants, nous allons leur donner plein d’amour”, disent-ils pour conclure.

Abandon
La petite Devi n’est pas une orpheline mais dès sa naissance, elle a été abandonnée par sa mère à l’hôpital. Quand elle était encore bébé, les autorités l’ont placée dans un couvent. Âgée aujourd’hui de huit ans, la petite se trouve toujours au couvent. “J’ai été dans plusieurs couvents à travers l’île”, dit -elle. L’enfant cherche ses parents, mais ne sait pas comment faire. “Je veux tellement retrouver ma mère et mon père même s’ils ne vivent pas ensemble”, dit la fillette qui ajoute qu’elle ne veut pas gâcher la vie de ses parents au cas où ils auraient refait leur vie. Elle veut seulement savoir qui sont ses parents. “Je veux seulement les voir, pas plus”, dit-elle. Les responsables du couvent veulent l’aider, mais ils ne savent pas comment procéder car il n’y a aucun indice qui pourrait les aider à débuter leurs recherches. “On est impuissants face à ce que demande la petite”, dit un responsable du couvent. à l’occasion de la fête de la famille, Devi souhaite une bonne fête à toutes les familles du monde entier et demande à Dieu de lui venir en aide afin qu’elle puisse retrouver sa famille. C’est ce qu’elle souhaite de tout coeur.

Jenny Raboud


À Cité Richelieu

Langues orientales : l’enthousiasme est aussi de mise chez des parents catholiques

Après que le ministère de l’Éducation a décidé d’inclure les langues orientales dans le programme scolaire l’année prochaine, certains parents catholiques de Cité Richelieu se disent intéressés par le sujet et encouragent leurs enfants à s’y mettre quoique très souvent ils ne comprennent pas la langue.

Deux langues orientales sont enseignées à l’école primaire de Cité Richelieu, le tamil et l’hindi. À celle de Petite-Rivière, l’urdu et le mandarin sont aussi enseignés. Ces langues qui sont optionnelles seront incluses dans le programme scolaire en 2004. Les cours de rattrapage ont commencé en novembre dernier. “Ce sont des cours qui sont destinés aux élèves qui n’ont jamais appris la langue. Ayant l’intention de prendre cette langue comme matière en 2004, ces enfants sont initiés dès maintenant pour la remise à niveau”, déclare Bashir Nuckchady, enseignant d’urdu à l’école primaire de Petite-Rivière. Pour les parents, c’est une ouverture vers d’autres cultures pour leur progéniture. Leurs enfants vont pouvoir parler une autre langue en sus de l’anglais et du français.
Les enseignants sont aussi très satisfaits de l’enthousiasme des parents. “Je trouve qu’ils sont vraiment intéressés et que ces langues ne devront en aucun cas être des chasses gardées de n’importe quelle communauté”, ajoute Bashir Nuckchady. Pamela Batou, une catholique, est une de ces mamans qui encouragent leurs enfants à apprendre une langue autre que l’anglais et le français. L’intérêt que porte son fils, Denis, pour la langue hindi la laisse perplexe. “Je ne comprends pas ce qu’il est en train d’écrire, mais, je l’encourage, car je m’aperçois qu’il est intéressé”, dit-elle. Son fils, Denis, est en troisième à l’école primaire de Cité Richelieu. Il est très intéressé par l’hindi. “Pour que je puisse comprendre les films en hindoustani”, dit-il. Il sait déjà prononcer les mots de base. “Pour ‘miss’ on dit ‘behenji’, ‘monsieur’ c’est ‘guruji’, maman c’est ‘mataji’ et papa c’est ‘pitaji’”, déclare-t-il fièrement.
Certains enseignants, par contre, pensent que le plus souvent les élèves, quoiqu’ils soient tous intéressés par l’apprentissage de la langue, ne savent pas pourquoi ils le font. Ils disent aussi que le projet n’est pas bien planifié. “Il n’y a pas un bon ‘monitoring’. Depuis que je suis venu enseigner(ndlr: en novembre dernier), il n’y a jamais eu d’inspection de la part du ministère, pour évaluer le travail”, déclare un enseignant qui ajoute que malgré le désintéressement du ministère, il fait son travail consciencieusement.

Alex Spéville