18 mai 2003, No 678

Négociations tripartites autour de la compensation salariale


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

En faveur des négociations collectives


Jack Bizlall et Azad Jeetun


Bien que les opinions d’Azad Jeetun, directeur de la ‘Mauritius Employers’ Federation’(MEF), et de Jack Bizlall, syndicaliste, divergent sur plusieurs points concernant les négociations tripartites autour de la compensation salariale, les deux hommes se disent être en faveur des négociations collectives d’où tout le monde sortira gagnant.

Q : La proposition de la MEF de geler la compensation salariale a été rejetée et la compensation intégrale sera probablement accordée aux petits salariés. Qu’en pensez-vous?

Jack Bizlall :
Les patrons ne devraient pas avoir droit à la parole dans cette discussion autour de la compensation salariale car ils viennent, chaque année, dire qu’ils ne peuvent pas payer à cause de la conjoncture économique difficile. En ce qui concerne la compensation intégrale sur le minimum vital, il y a un gros problème car celui-ci n’est pas bien établi. Cette compensation n’aura un sens que quand ce minimum vital sera clairement défini.

Azad Jeetun : La MEF n’a pas fait seulement une proposition mais plusieurs qui devraient être vues dans l’intégralité. Nous ne considérons pas que notre demande de geler la compensation a été rejetée parce que nous respectons les opinions des uns et des autres. Le rôle des partenaires formant le comité tripartite est d’apporter des propositions qui seront acceptées ou rejetées pour arriver à un consensus dans l’intérêt de tout le monde. Nous attendons la proposition formelle du gouvernement sur la compensation salariale avant de nous prononcer sur le sujet.

Q : Dans une conjoncture économique difficile, les grands patrons ne devraient-ils pas sacrifier une partie de leur salaire et de leurs avantages en nature au lieu de réclamer le gel de la compensation salariale?

Jack Bizlall :
Les patrons à Maurice sont des technocrates, des rentiers qui touchent des salaires mirobolants. Il faut absolument adopter une politique pour réglementer leurs salaires ainsi que les nombreuses avantages en nature dont ils bénéficient afin de limiter leurs revenus. Et dire que ce sont ces mêmes personnes qui ont le culot de venir se plaindre de la situation économique difficile. Il faudrait les bâillonner.

Azad Jeetun : Il n’est pas question de baisser le salaire de quiconque, ni celui des employeurs, ni celui des employés. Ce que nous voulons c’est d’une hausse de salaire pour tout le monde selon un système mis en place par chaque entreprise. Il est essentiel que les profits générés par l’entreprise soient partagés entre tous ceux qui en font partie.

Q : Si la politique des négociations collectives est adoptée, cela ne risque-t-il pas de pénaliser les employés des secteurs en difficultés et les non-syndiqués?

Jack Bizlall :
Plusieurs syndicats sont contre cette pratique mais moi je suis personnellement pour car c’est le pilier du syndicalisme. C’est à travers elle qu’on peut se battre pour la révision de salaire, la sécurité d’emploi et la diminution d’heures de travail, entre autres. Cette pratique ne pénalisera personne car aucune entreprise ne peut prétendre être dans une difficulté financière telle qu’elle ne peut assumer ses responsabilités vis-à-vis de ses employés, sinon elle doit fermer ses portes. Les employés non-syndiqués, quant à eux, peuvent faire des réclamations par écrit au patron. Si la réponse est négative, le cas est référé au ministre du Travail qui peut à son tour le référer à un tribunal qui arbitrera l’affaire.

Azad Jeetun : Personne ne sera pénalisée par des négociations collectives. Les employés non-syndiqués peuvent faire des réclamations à leurs employeurs à travers un comité ou autre. Quant aux secteurs qui sont financièrement en difficulté, il faudrait trouver d’autres moyens, comme améliorer la productivité et la compétitivité pour arriver à accorder une compensation aux salariés. Les négociations collectives doivent en tout cas se faire dans un encadrement légal pour prévenir tout abus de confiance.

Q : Le taux d’inflation tournera probablement autour de 5%. Vos commentaires.

Jack Bizlall :
Ça paraît bizarre que le taux d’inflation puisse tourner autour de 5% alors que le prix des produits alimentaires, surtout celui des légumes a augmenté de façon drastique. Il y a un problème entre le chiffre scientifique du Central Statistic Office (CSO) et la réalité empirique.

Azad Jeetun : Le CSO fait un travail très technique et professionnel en calculant le taux d’inflation chaque année et nous acceptons ses premières prévisions selon lesquelles ce chiffre tournera autour de 5%. Au fil du temps, le CSO a fait du bon travail et a prouvé sa crédibilité, nous n’avons aucune raison de mettre sa parole en doute.

Michaëlla Coosnapen