18  mai 2003, No 678

Congrès du PMSD au Plaza, aujourd’hui


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

À la reconquête des Joe

Le PMSD tente de se repositionner sur l’échiquier politique afin de reconquérir son électorat qui se trouve être présentement dans le camp du MMM.

Un fauteuil pour deux ? Le Coq veut rassembler tous les Joe qui avaient délaissé la basse-cour bleue quand le PMSD avait contracté une coalition avec le Parti Travailliste après l’indépendance, au nom de l’unité nationale. Les nombreux déçus avaient alors basculé du côté du MMM naissant.

Maurice Allet, Mahmad Kodabaccus et Richard Duval s’attellent à restructurer le parti en créant, comme le MMM, des branches et des régionales à travers le pays. Ils misent sur le passé pour construire l’avenir. “Nous voulons ramener au bercail les Joe qui nous ont délaissés et leur dire que la nouvelle équipe continue sur la même lancée que sir Gaëtan Duval ”, dit Maurice Allet, ce fidèle de SGD, devenu leader des bleus. Il rejette l’idée de beaucoup qui veut faire accroire qu’il faut impérativement être un Duval pour mener la barque bleue. “Je pense que ma fidélité à ce parti prime. Je suis un pur-sang du PMSD, un ‘gros bleu’ comme on dit. S’il y a un Duval qui le mérite, je passerai le flambeau, mais pour le moment, non ”, dit-il.
Le trio lorgne du côté des jeunes et c’est Richard Duval qui monte au créneau. “Je veux bâtir avec la jeune génération qui, il faut l’admettre, ne connaît pas tout ce qu’a fait Gaëtan pour le pays. Donc, je veux puiser du passé pour construire le PMSD de l’avenir. Je sens déjà une adhésion, surtout à Mahébourg et dans d’autres poches qui votaient le PMSD ”, dit celui qui sera intronisé responsable de l’aile jeune aujourd’hui au congrès du parti.

Retour à la ‘case mama’
La reconquête de cet électorat ne risque-t-elle pas de frustrer le ‘Senior Partner’ qu’est le MMM, du fait même que beaucoup de Joe sont aujourd’hui d’obédience mauve ? Richard Duval voit cela différemment et estime - comme l’adage - que, faute de mieux, on embrasse sa femme. “L’électorat du PMSD est encore là mais a voté, par la force des choses, le MMM .Si on veut atteindre plus de 10 % de l’électorat d’ici deux ans, il n’y a pas trente-six solutions. Il nous faut convaincre ceux qui étaient avec Gaëtan Duval de revenir vers nous, peu importe dans quel camp politique ils se trouvent ”, répond-il. Le travail de reconquête se fait tous les jours, dit-il. Réunions sociales et causeries sans oublier des sponsorships pour des projets sportifs et d’autres qui touchent de près au quotidien des Joe. “Le congrès d’aujourd’hui va être déterminant et cela devrait être le déclic pour un ‘Revival’ du PMSD ”, commente-t-il.
Mahmad Kodabaccus tâte aussi le terrain et tente, à sa manière, de faire revenir à “la case mama ” tous les Joe éparpillés. “Nous sommes à la reconquête de notre électorat et la porte du PMSD est ouverte à tous, ”, dit le secrétaire général des bleus. Même à Xavier-Luc Duval et son PMXD ? “La porte est fermée à ceux qui ont honte de porter le patronyme des Duval”, rétorque le médecin sur un ton ironique. La réunification n’est pas à l’ordre du jour.
Même si le PMSD est “bien traité ” au sein de l’alliance MSM/MMM et que ses dirigeants ont été casés dans certaines institutions du pays, les bleus veulent être un parti sur lequel il faudra compter aux prochaines consultations populaires. “Je ne voudrais plus me retrouver seul membre du PMSD à l’Assemblée nationale. C’est pour cela que la consolidation du parti est importante pour montrer à nos partenaires que les Joe sont encore avec le PMSD”, conclut Maurice Allet.
Ils font tout pour éviter que le Coq ne lance le chant du cygne.

Jean-Claude Dedans


Assemblée nationale

Chady, la risée de l’hémicycle

La présence, mardi dernier à l’Assemblée nationale, de Siddick Chady sur les bancs de l’Opposition a été pour beaucoup dans le camp du gouvernement l’occasion de le railler. À tel point que le député a quitté l’hémicycle à l’heure du déjeuner pour ne plus revenir de la journée.

Il a choisi d’assister aux travaux parlementaires mardi dernier sur les bancs de l’Opposition après avoir dit qu’il comptait quitter le PTr. Il a voulu aussi affronter tout ce beau monde au sein de l’hémicycle après sa déclaration à l’effet qu’il “pouvait travailler avec Paul Bérenger ”. Et c’est ce même Bérenger qui a été le plus taquin de tous.
L’absence de Sidick Chady lors de la réunion des parlementaires travaillistes lundi dernier avait laissé croire que les ponts étaient coupés entre le député et son parti. Mais, le lendemain, il s’est amené à l’Assemblée nationale et a pris sa place aux côtés du Dr Hookoom. Une arrivée très commentée du côté du gouvernement. Et à chaque fois qu’il se mettait debout pour poser une question supplémentaire, le leader du MMM lui passait des remarques du style “cosé Chady ”, “ce ki envie allé, allé ” ou encore “A nou ale MMM ” pour reprendre le slogan du ministère du Tourisme ‘A nou ale la mer’. Ashok Jugnauth aussi a mis son grain de sel en disant sur un ton vraiment rigolo qu’il ne servait à rien de poser des questions, car “la semaine prochaine, c’est toi-même qui devras répondre aux questions en tant que ministre ”.
Quant à Navin Ramgoolam qui demandait au PM des éclaircissements sur le départ de Vishnu Lutchmeenaraidoo du projet de la cybercité lors de la PNQ, Paul Bérenger et Rajesh Bhagwan lui ont répondu “se ki envie allé, allé”, et à Ivan Collendavelloo d’ajouter que c’était “conjoncturelle”, pour reprendre les déclarations du leader du PTr concernant l’éventuelle départ de Siddick Chady. Bref, l’heure était à la rigolade pour la majorité qui n’a pas épargné le député travailliste qui avait des velléités de quitter son parti.
Siddick Chady avait perdu son sourire affiché avec entrain quand il est arrivé. Il avait l’air d’être désabusé, ne sachant pas s’il fallait en rire ou mépriser les remarques acerbes. Il était, d’un côté, coincé entre des membres de l’Opposition qui ne pouvaient prendre position pour lui car ne sachant pas exactement à cet instant précis le ‘move’ final de leur camarade, et, de l’autre côté, il était gêné par la façon cavalière dont le VPM et d’autres membres du MMM le traitaient. Et dès que la séance fut levée à 12h55, il n’a pas demandé son reste et est parti. Il ne sera pas du côté de l’Opposition mardi prochain, car il siégera en tant qu’indépendant à l’Assemblée nationale.

PNQ sur Lutchmeenaraidoo
Navin Ramgoolam a voulu démontrer que le VPM a torpillé l’arrivée de Vishnu Lutchmeenaraidoo à la tête du projet de la cybercité et que ce dernier a été “forcé au départ” à cause de la pression exercée par certains ministres. Le leader de l’Opposition a tout fait pour pousser le Premier ministre à avouer ces faits, mais ce dernier a répondu qu’il avait effectivement approché son ex-Grand argentier et lui avait fait une proposition, mais que le principal intéressé a fait des contre-propositions auxquelles le gouvernement n’était pas intéressé. “Et il est parti, malgré tous mes efforts ”, a déclaré le PM. Il a avoué que malgré que les propositions ne fussent pas finalisées, une voiture de fonction et un bureau avaient été mis à sa disposition, de même que l’assistance d’une douzaine de fonctionnaires. Il a justifié le fait qu’il a “take a decision rather than not to take at all ”.
Sinon, à l’heure des questions, c’était presque le calme, à part quelques remarques çà et là. Sauf que le ministre Prem Koonjoo a commis une grosse bourde. À une question de Jean-Claude Barbier - sur les foires qui se tiennent à Maurice et qui, selon les propriétaires de certains magasins, leur causent des problèmes - qui voulait savoir si l’organisation de toutes les foires va être interdite bientôt, le ministre a répondu par l’affirmative. Cette erreur a été vite corrigée par Paul Bérenger qui lui a soufflé que seules celles au label international étaient concernées.
Un seul pojet de loi était à l’ordre du jour et était au nom du VPM. Il s’agit de ‘The Savings Bank (Transfer of Undertaking) Bill. Cette loi permet le ‘merger’ du Post Savings et la New Cooperative Bank (NCB). Le VPM a donné la garantie que tous ceux qui ont des comptes à la poste sont assurés que leurs droits et intérêts sont en sûreté et que ce merger était un ‘win-win situation’ du fait que la poste recherchait auprès de la Banque de Maurice une licence pour opérer en tant que banque, alors que la NCB avait cette licence mais que les affaires n’allaient pas très bien. Paul Bérenger a regretté l’absence de Navin Ramgoolam lors des débats mais s’est félicité de l’intervention d’Arvin Boolell “qui n’a pas été du tout virulent et hystérique comme à son habitude et n’était pas vraiment contre ”, tout en lui expliquant que, comme la poste a été privatisée, continuer avec le Post Savings était tout simplement illégal. Il a nié le fait que le gouvernement dicte ce que doit faire la Banque centrale, au contraire de l’ex-régime qui utilisait la BOM “comme un paillasson ”. Paul Bérenger a profité pour lancer un appel à l’Opposition pour qu’elle arrête le “BOM bashing”.

Jean-Claude Dedans