18  mai 2003, No 678

Les centres d’appels à Maurice


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

Les opérateurs craignent
une pénurie de main-d’oeuvre


Les téléactrices reçoivent et émettent
des centaines d’appels par jour


Sept centres d’appels ont déjà ouvert leurs portes à Maurice et les opérateurs pensent que de nombreux autres ne vont pas tarder à suivre leur exemple. Toutefois, ils craignent de faire face à une pénurie de main-d’oeuvre si un programme de formation adéquat n’est pas mis sur pied pour les téléacteurs potentiels et si une campagne d’information n’est pas menée sur ce métier.

Coiffés du combiné micro/écouteur, la souris à la main, les téléacteurs de Prophonie, centre d’appels implanté à Maurice depuis deux ans et demi, émettent et reçoivent des centaines d’appels nationaux et internationaux par jour. En ce moment, les télévendeurs de cette compagnie ont pour tâche de vendre un chariot élévateur à des entreprises françaises pour le compte d’un client français également. Ils appelleront ainsi des centaines de sociétés, expliquant, argumentant, essuyant des refus, et tout ça avec le plus de tact et de diplomatie possible car le client est roi. Sur leur ordinateur sont enregistrées toutes les données concernant le produit à vendre. “C’est un vrai métier de vendeur, et les téléopérateurs doivent faire preuve de persuasion et d’un peu d’agressivité pour arriver à leur but”, explique Gilles Guerre, un Français qui a décidé de créer ce centre d’appels à Maurice. D’autres téléacteurs répondent surtout aux appels entrants concernant les renseignements et les rendez-vous, entre autres. “Dans ce cas-là, la personne doit faire preuve d’une qualité d’écoute et doit être plus calme, plus aimable”, soutient Gilles Guerre. En gros, pour travailler dans un centre d’appel, il faut être bon vendeur ou bon écouteur.
À ce jour, des centaines de jeunes Mauriciens ont trouvé leur voie professionnelle dans le domaine des centres d’appels. “C’est un métier passionnant même s’il n’est pas toujours facile. De plus nous avons souvent des horaires de nuit. Mais quand on aime ce qu’on fait cela ne compte pas”, déclare Carole, téléactrice. Les professionnels sont unanimes à dire que c’est le secteur d’avenir qui va apporter la solution au problème de chômage auquel doivent faire face de nombreux jeunes qui ont terminé leurs études secondaires. “C’est le métier de l’avenir et les jeunes ne doivent pas hésiter à entrer dans ce monde”, déclare Viren Bissoonauth, ‘acting general manager’ de Call Services, un centre d’appels affilié à Mauritius Telecom. Selon les opérateurs, ce secteur va connaître une expansion certaine dans les mois à venir, surtout après le Salon Européen des Centres d’Appels (SECA) qui se tiendra à Paris cette semaine. Une délégation menée par le ministre Pradeep Jeeha s’y rendra afin de promouvoir Maurice comme un lieu idéal pour l’implantation des centres d’appels. Avec les tarifs de connexion pour les centres d’appels qui ont baissé de 44%, Maurice est en bonne position pour attirer des investisseurs étrangers. Se posera alors un sérieux problème : celui de la main-d’oeuvre. Mais comment expliquer cette pénurie alors que de nombreux jeunes peinent à trouver de l’emploi à Maurice? Pour les opérateurs des centres d’appels, la réponse est claire : manque d’une formation adéquate et manque d’information autour du métier. “De nombreux jeunes ne savent pas ce qu’est un centre d’appels ni ce qu’est un téléacteur parce que c’est un nouveau métier”, souligne Salim Howadally, directeur général du centre d’appels, ‘Contact Kiosk.

Parer à la pénurie à travers la formation
Devant les demandes insistantes des opérateurs des centres d’appels, le gouvernement, à travers L’IVTB, a pris l’initiative de mettre sur pied une formation de base pour les téléacteurs potentiels. Depuis le 5 mai dernier 160 jeunes suivent une formation qui va durer cinq mois dans trois centres de formation attachés à des centres d’appels. “L’IVTB offre les facilités en termes de financement mais ce sont des centres d’appels ayant déjà la structure adéquate qui dispensent les cours car l’IVTB n’a pas les compétences voulues dans ce domaine”, déclare Moothien Pillay, ‘divisional manager’ à l’IVTB. La formation est axée sur la technique de vente, la relation avec le client, le langage, la voix, la culture des clients, entre autres. “Il est essentiel que les téléacteurs apprennent la culture d’Europe, des États-Unis et du Canada qui sont nos principaux clients. Ils doivent aussi travailler leur accent pour l’adapter à ceux des pays avec lesquels les centres d’appels travaillent”, soutient Salim Howadally, dont le centre d’appels donne aussi des cours de formation. En effet, les clients avec lesquels traitent les centres d’appels ne doivent en aucun cas savoir qu’ils ont affaire à des étrangers, en l’occurence des Mauriciens. Ils doivent être persuadés qu’ils s’adressent à l’entreprise française, anglaise ou américaine avec laquelle ils croient être en communication. Les centres d’appels, à Maurice, comme ailleurs, travaillent pour le compte d’entreprises qui ne veulent pas s’embêter à s’occuper du marketing, des renseignements, entre autres. Elles se tournent alors vers des centres d’appels qui pourront s’en occuper pour elles avec professionnalisme. Pour la formation des téléacteurs, Call Services a parfois recours à l’aide de ses clients étrangers. “Ils viennent sur place pour enseigner aux téléopérateurs l’accent et la culture de la région où se trouve leur entreprise”, souligne Navin Valamootoo, ‘call centre manager’ chez Call Services.
À Maurice, le secteur des centres d’appels est en voie d’expansion. Selon les professionnels, le pays possède plusieurs avantages qui devraient attirer les investisseurs telles que la main-d’oeuvre bon marché, le bilinguisme, des gens possédant un accent neutre et malléable, ainsi qu’une amabilité naturelle et une capacité d’apprentissage. Si des initiatives ont été prises pour la formation au métier de téléacteurs, l’IVTB ainsi que les opérateurs se disent conscients qu’il faudra augmenter le volume de formation si Maurice veut faire face à la demande croissante pour une main-d’oeuvre ayant un minimum de connaissance du métier. De plus, selon les opérateurs, une campagne d’information devrait être menée dans les collèges ou à travers des journées portes ouvertes pour attirer les jeunes vers le métier de téléopérateur. Campagne d’information sur laquelle planche déjà l’IVTB.

Michaëlla Coosnapen


Développement

Multiples projets pour le port

Avec le projet de développement de Les Salines et la construction prochaine d’un tunnel visant à décongestionner les entrées nord et sud de Port-Louis, tout laisse croire que la Mauritius Port Authority (MPA) s’embarque dans des projets ambitieux.

Le projet de Les Salines, préparé par la MPA, se situe dans le cadre du développement portuaire pour les prochaines années. En quelques lignes, ce projet comprend cinq composantes, dont le trafic des marchandises pour les années à venir, les plans infrastructurels pour répondre aux exigences du trafic portuaire, l’aménagement du territoire pour assurer un développement intégré et la sécurité dans la zone portuaire. L’année dernière, la MPA a d’ailleurs finalisé un plan directeur en trois volets pour mieux gérer les activités portuaires. “Ce projet de développement a été présenté lors d’une rencontre avec un comité ministériel. Il sera rendu public après que le gouvernement aura donné son aval”, explique d’emblée le Chairman de la MPA, Prakash Maunthrooa. Et d’ajouter : “Nous venons de l’avant avec une politique avant-gardiste. C’est un plan d’ensemble pour le port”.
Les point forts du projet de développement à Les Salines comprennent l’installation d’un terminal pour les passagers avec des facilités complémentaires, la création des facilités touristiques, dont des espaces de loisir et de culture, un ‘food court’, un complexe hôtelier, des bureaux, un musée maritime, entre autres. “Cette partie de Port-Louis sera une fierté et une référence en termes de développement”, explique le Chairman de la MPA, Prakash Maunthrooa. Pour ce qui est du développement dans le port, la MPA veut encore mettre tous les avantages de son côté. De ce fait, des appels offres ont été ou vont être lancés pour la réalisation de bon nombre de projets dont, entre autres, l’installation des caméras de surveillance pour plus de sécurité dans la zone portuaire, l’extension du terminal abritant les conteneurs, la construction d’un nouveau débarcadère pour le débarquement des produits pétroliers à Mer Rouge.
Il y a aussi la construction d’un troisième port à Fort William sur 50 hectares, la construction d’une tour de contrôle pour le port, un tunnel visant à décongestionner les entrées nord et sud de Port-Louis entre les ronds-points de Fort George et de Caudan. Pour ce qui est des prévisions pour les années à venir, les responsables de la MPA affichent l’optimisme. Il y a déjà une hausse de 800% du trafic maritime.

Jean Marie Gangaram