18 mai 2003. No 678

Roger Clency, ségatier mauricien


Succès pour ‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’

‘Imagine Communication - Mauritius Gymkhana Club Strokeplay Championship’ a remporté, cette année encore, unvif succès tant au niveau de l’organisation qu’au celui de la qualité et de l’engagement des joueurs.

Marguerite Kan Wah et Alan Jones, les gagnants en First Net

Chrostophe Curé recevant un prix offert par British Airways des mains de Laurie Napaul

Alan Jones recevant son prix de Prem Sham, représentant de l’hôtel Oberoi

Prabha Saddul recevant un prix de Jean-Marie Richard

Ramesh Kalachand remettant un prix à Damoo Shah

Jean-Marie Richard, directeur de Imagine Communication, en compagnie de Reshad Purdassy, le gagnant du
 ‘First Men Cross’, et Toiria Prayag, ‘Incoming President’ du M.G.C.

Un retour de l’exil


Une voix qui a marqué la scène musicale locale. Après un passage en France, Roger Clency rentre au bercail et poursuit son petit bonhomme de chemin avec ses ségas. 1958 à 2003 : quarante-cinq ans de carrière musicale. Et il ne plie pas bagage, car il revient avec ‘La boutik néné ruz’.

Qui n’a pas dansé sur les bons vieux refrains de Roger Clency ? Nombreux sont-ils à vivre à l’heure nostalgique des mélodies du ségatier. Sa voix accroche; ses textes humoristiques sont truffés de paraboles bien de chez nous. Gaieté, faits divers, moeurs trouvent leur place parmi les accords de séga. Un véritable cocktail assurant un max d’ambiance. Un feeling à part, diront certains. De retour depuis huit mois dans son île natale, Roger Clency envisage de sortir ‘La boutik néné ruz’, un album inédit après les expériences ‘Olé Olé’ et ‘2 Dan 1’ avec Géda Music de Gérard Louis. Encore une fois, le ségatier promet de nous entraîner dans une folle aventure du séga. ‘Sa so zafer’, ‘Effacé réfer’, deux expériences, début 2000, pour Roger Clency. Depuis, les albums comportent des reprises de ses vieux refrains. La nouvelle génération s’est aussi intéressée aux chansons de Roger Clency, à l’instar de Linzy Bacbotte qui a repris ‘Guidi-Guidi’.

‘Rosa’, ‘Ki lot pé désann’, deux titres parmi tant d’autres qui font marrer les Mauriciens. Des textes à l’allure érotique, diront certains. Des chansons empreintes d’un humour extraordinaire. La gent féminine, un de ses sujets de prédilection. Même son tout premier titre ‘Marlena’ parle de l’histoire d’une fille “ki ti kontan zis amizé”. ‘Ki lot pé désann’, lui, contrairement à ce que croient certains, conte l’aventure d’une femme parlant d’un autre homme à sa voisine dont le mari chope la conversation. Furieux, ce dernier demande “Ki lot pé désann, mo pou désirr li...” Roger Clency, un ‘ségatier pur-sang’ serait-on tenté de le dire, du fait qu’il a fait de sa passion, son métier : “À une époque, ma femme Marie-Josée et moi, nous nous produisions dans les hôtels le soir. Le séga m’a permis de faire grandir mes enfants et de leur permettre de poursuivre leurs études”. Dans les années 1960-1970, Roger Clency casse la baraque avec ses ségas hors du commun. S’il y a une motivation qui est ancrée en lui, depuis le début de sa carrière, c’est bien celle de permettre aux artistes locaux “d’exporter réellement le séga vers l’Europe”, car explique-t-il, le séga passe essentiellement entre la communauté mauricienne vivant en Europe.

Vers l’Europe
Début 1982. Les ségatiers sont convoités par les politiques. Roger Clency a déjà ses couleurs fétiches. Il est souvent mis sur la touche surtout lors des grandes manifestations. La musique ne nourrit pas son homme, dit-on souvent. Découragé par ce qui se passe sur la scène locale, Roger Clency et ses pairs décident de faire leurs valises. Un ami malgache lui offre dix-sept billets pour la métropole. Après un spectacle dans la Grande Île, destination : La France. Dans un premier temps, c’est à Nice que la bande de musiciens plantent leur tente. L’idée de faire découvrir notre séga aux Européens lui trotte toujours dans la tête. Lors de ses nombreuses tournées, il rencontre le célèbre groupe antillais, Kassav. Les échanges culturels se succèdent. 1984, il concocte un album ‘remix’ avec la complicité de Kassav. “Nu ti pé bizin fer nu kiltir passé dan lérope. Chose qui n’est pas encore le cas”, estime Roger Clency.

La musique locale connaît actuellement une métamorphose. La nouvelle génération importe des tendances occidentales dont elle se sert comme moyen d’expression. Roger Clency, lui, demande “ki nu pa blié nu kiltir”. Le créole et le bhojpuri, deux langues, selon lui, qu’il ne faut en aucun cas oublier. Marie-Josée, son épouse et, de surcroît, sa compagne de scène, est restée en Europe, tournée musicale oblige! Roger, lui, a choisi son île natale pour puiser son inspiration en vue de l’enregistrement de son prochain album.

‘Bal Rane Zarico’, ‘Tam-Tam’, ‘Mamalo’, ‘Ki lot pé désann’, ‘Ton Polo’... Autant de refrains qui nous ont bercés à une époque. Roger Clency, fidèle à son style de musique, promet de conquérir le coeur des Mauriciens avec ‘La boutik néné ruz’ bientôt.

Hansley Antoine