05 janvier 2003, No 659

Le quotidien de Luxmi Gokool Mossae


Pluie d’étoiles pour Mauritours

Le restaurant La Cannelle, Domaine Les Pailles a scintillé le temps d’une soirée marquée par une pluie d’Étoiles composée par le Groupe Mauritours pour son traditionnel dîner de fin d’année. C’était le 17 décembre dernier et les stars se ramassaient à la pelle tellement qu’il en pleuvait!

 Patrick Leal et le couple Leung Shing, Georges
et Kety

 Ange Chang, Isabelle Mamotte, Anielle Ramsahye et Jannick Rochecouste

Crystel Sham et Melania Pizzinato, deux charmantes représentantes d’agences étrangères

 Devina Caulee, Catherine Noël, Sandy Dyson, Logini Pillay

Azad Allybocus, Feyzal Noorooya et Basseer Salumut

Nicole Grizell, Corinne Appasamy, Virginie Follet et Nadine Noël

Patrick Leal entouré de Linda Vithilingum, Patricia Nicolin, Catherine Bancilhon et Marie Christine Adolphe (de gauche à droite)

Devina Caulee, Natacha Blaize, Linda Malherbe et Jean Carl Palmyre

Artiste, naturellement


Photo de famille: Luxmi aux côtés de son fils Balgopal,
de son beau-père Nanda et de sa fille Barkha

À la télé, dans la série ‘C’est la vie’ où elle incarne la mère de Jay, Luxmi Gokool Mossae joue le rôle d’une épouse soumise dont la vie est axée sur la tradition hindoue. Mais dans la vie réelle, elle présente un autre visage: celui d’une femme moderne.

Visage sans fard, cheveux mi-longs en liberté, churidar rouge à motifs jaunes, Luxmi nous accueille tout sourire. À la voir de près, on se rend compte qu’elle n’est pas tout à fait celle que l’on voit à la télé. En fait, Luxmi est plus jeune et belle au naturel. Toutefois, son accent chantant lorsqu’elle parle est toujours le même.

Récemment devenue actrice, Luxmi n’est pas pour autant une inconnue du public mauricien. Après avoir débuté une carrière dans le professorat comme enseignante d’hindi et d’hindouisme, elle s’est lancée dans l’animation en langues orientales à la MBC télé et radio. Depuis 18 ans déjà, elle lui est fidèle. Mais ce n’est que depuis peu, que Luxmi a vu sa notoriété s’agrandir. “Les gens me reconnaissent où que je sois, mais ce sont surtout les enfants qui viennent vers moi pour me demander si c’est bien moi la maman de Jay. Depuis cette série, l’attitude de beaucoup de gens a changé envers moi”, confie-t-elle.

Luxmi sourit en évoquant cette reconnaissance car le contact avec le public, la jeune femme le considère comme étant très important. “Je dois arriver à rendre mon public gai et heureux et le faire oublier son stress. Une petite chose comme un sourire ou lui fait de demander des nouvelles rend l’autre heureux. Il y a beaucoup d’artistes qui pensent que le public nous harcèle, mais ce n’est pas le cas pour moi. J’adore ce contact. Être artiste, c’est être intuitif”, avance-t-elle.

La vie au jour le jour
Son quotidien change tous les jours. Animatrice, journaliste et productrice à la MBC, elle n’a pas d’heure fixe où elle commence à travailler. “Parfois, je fais le night shift et certaines fois je commence à quatre heures du matin. Nous travaillons selon un système de shifts et donc, cela change tout le temps”, explique-t-elle. D’ailleurs, même quand elle n’est pas derrière le micro pour présenter ses émissions à succès tels que ‘Khoj nikaliyé’, Luxmi a toujours l’esprit en ébullition, en quête de nouvelles émissions qui plairont à ses auditeurs. “Il faut être créatif pour que le public soit le grand gagnant”, dit-elle.

Des fans, elle en a beaucoup mais sa première fan reste sans conteste sa belle-mère Savitri Mossae, ancienne couturière qui n’habite pas trop loin de sa belle-fille à Mare d’Albert. La vieille dame nous dit qu’elle suit toutes les émissions à la radio et à la télé de Luxmi, elle qualifie celle-ci d’animatrice très professionnelle. “Elle fait bien son travail et ce que j’aime le plus, c’est qu’elle le fait dans la langue hindi”, précise-t-elle. Si elle adore Luxmi l’animatrice, par contre elle avoue aimer moins Luxmi l’actrice.

Les journées de cette dernière sont fort chargées entre son boulot, sa vie familiale et sa carrière d’actrice à gérer. Mère de deux enfants, Barkha, 13 ans, qui veut devenir journaliste, et Balgopal, 7 ans, avec qui elle ne parle que le bhojpuri ou l’hindi, Luxmi dit haut et fort : “Ma priorité c’est eux”. Mais durant la période de tournage, Luxmi a dû se partager entre son travail, sa vie sociale et privée et ses enfants. “J’ai dû couper mon sommeil un peu”, laisse-t-elle échapper. Elle reconnaît que ses beaux-parents l’ont grandement aidée dans sa carrière. “Derrière mon succès, il y a leur oeuvre. Quand je ne suis pas là, ce sont mes beaux-parents qui s’occupent de mes enfants et je sais qu’ils sont entre de très bonnes mains. Sans leur soutien, je n’aurais jamais pu y arriver”, avoue-t-elle.

Sa participation à ‘C’est la vie’
Quand Romesh Sharma l’a contactée, Luxmi n’a pas hésité à saisir l’opportunité de participer à la grande aventure qu’a été le tournage de ‘C’est la vie’ car, dit-elle, la chance ne vient pas tout le temps. Elle qui, petite, rêvait de devenir hôtesse ou actrice, a pu, en jouant dans cette série, réaliser un de ses rêves d’enfant.

Toutefois, dans la vie de tous les jours, elle est totalement différente du personnage qu’elle incarne dans ce feuilleton. Elle conduit sa voiture, avoue qu’elle adore vivre en étant indépendante et dit qu’elle n’est pas le genre de mère à surprotéger ses enfants. “En tant que mère, je souhaite qu’ils apprennent de leurs erreurs. Ils doivent avoir des coups durs car demain, quand je ne serai plus là, ils auront à les subir”, explique Luxmi. Et si, comme dans le feuilleton, son fils aime une fille d’une autre religion? “Je serai obligée d’accepter car de nos jours quand on s’oppose à l’amour des jeunes, ils ne parlent que de suicide”, constate-t-elle.

Raciste ou fanatique? Elle affirme être ni l’un ni l’autre. “J’ai entendu des gens dire que je suis raciste ou fanatique (ndlr: parce qu’elle n’apprécie pas la relation entre Jay, son fils, dans le feuilleton, et Anne-Sophie, la copine de celui-ci). Mais ce n’est qu’un rôle”, dit Luxmi. Pour elle, ce rôle aide, d’ailleurs, à créer de la sympathie à l’égard deAnne-Sophie. Dans la même foulée, Luxmi révèle qu’elle n’est pas aussi traditionnelle que veut le faire croire son personnage dans le feuilleton: “Je pratique la religion mais je ne suis pas trop traditionaliste. Il faut vivre avec son temps”. C’est la raison pour laquelle elle n’hésite pas à jouer avec ses enfants au football, au badminton et à apprendre à faire du skate-board en leur compagnie. Étrange constrate avec la Luxmi de la télé!!

Modeste, elle avoue : “Je ne ressens pas grand-chose en me regardant à la télé, c’est le public qui me donne de l’importance. Pour moi, c’est comme si je voyais une autre personne”. Pressée de questions, Luxmi laisse entendre qu’elle ne se voit aucun défaut : “Un artiste ne se voit pas avec un regard critique. C’est pareil comme une maman qui ne voit pas les défauts de ses enfants. Moi aussi, je préfére ne pas me concentrer sur les défauts”.

Une famille d’artistes
Selon Luxmi, la famille Mossae est très connue dans le domaine artistique. “Mon beau-père, Nanda Mossae, est un artiste très connu qui a peint de nombreuses oeuvres d’art, et mon mari, Ambernath Mossae, fait de la musique à l’étranger”, dit-elle. Sa belle-soeur, Usha Mossae, travaille, elle, à Radio One. C’est donc tout naturel que Luxmi soit elle-même artiste.

D’ailleurs, des projets, elle en a plein la tête pour cette nouvelle année. D’abord, des projets pour ses émissions radiophoniques, et ensuite, deux projets : un thriller et une comédie, tous deux mauriciens, en tant qu’actrice. En attendant de la voir dans d’autres séries, vous pouvez la retrouver tous les lundis soirs dans ‘C’est la vie’.

Vanessa Teycheney