05 janvier 2003, No 659

Analyse

Pluie d’étoiles pour Mauritours

Le restaurant La Cannelle, Domaine Les Pailles a scintillé le temps d’une soirée marquée par une pluie d’Étoiles composée par le Groupe Mauritours pour son traditionnel dîner de fin d’année. C’était le 17 décembre dernier et les stars se ramassaient à la pelle tellement qu’il en pleuvait!

 Patrick Leal et le couple Leung Shing, Georges
et Kety

 Ange Chang, Isabelle Mamotte, Anielle Ramsahye et Jannick Rochecouste

Crystel Sham et Melania Pizzinato, deux charmantes représentantes d’agences étrangères

 Devina Caulee, Catherine Noël, Sandy Dyson, Logini Pillay

Azad Allybocus, Feyzal Noorooya et Basseer Salumut

Nicole Grizell, Corinne Appasamy, Virginie Follet et Nadine Noël

Patrick Leal entouré de Linda Vithilingum, Patricia Nicolin, Catherine Bancilhon et Marie Christine Adolphe (de gauche à droite)

Devina Caulee, Natacha Blaize, Linda Malherbe et Jean Carl Palmyre

Le prestige incroyable de Maurice

Par G.C

Il y a encore 30 ans, Maurice était un pays sous-développé et ses habitants étaient, comme tous les habitants des pays sous-développés, traités avec un certain scepticisme, par les pays plus développés. Ce traitement, on pouvait le constater surtout quand les Mauriciens partaient à l’étranger, au moment de leur passage au comptoir de l’immigration des aéroports en Europe.

La fortune, pour les Mauriciens, a bien tourné, même s’il y a encore des dizaines de milliers pour qui le train du développement est à rattraper. Dissertons un peu sur le chemin parcouru.

François Mitterrand, de son vivant, il y a une douzaine d’années, faisait déjà de Maurice, sa destination favorite. Avant lui, Valéry Giscard D’Estaing et après lui, Jacques Chirac. C’est aussi la destination favorite des stars de la chanson et du show-business européen et celle du monde des sports à l’échelle planétaire. Les fonctionnaires des institutions internationales les plus prestigieuses se battent souvent pour une semaine de travail dans l’île. Pas une semaine ne se passe sans que la presse ne fasse état de la visite dans l’île d’une de ces grosses têtes.
En effet, un séjour à Maurice, même pour le travail, est du domaine du rêve pour les Français, les Anglais, les Allemands, les Sud-Africains et les Réunionnais d’à-côté. La réputation de Maurice à l’étranger n’a jamais été si favorable. Et elle sert bien l’économie mauricienne de même qu’elle fait l’affaire de plusieurs dizaines de milliers de Mauriciens dont la fortune et le travail sont tributaires du nombre d’arrivées des touristes chaque année. Cette réflexion est surtout valable pour les régions rurales du pays, plusieurs milliers d’emplois ainsi créés ayant surtout été pour les jeunes des régions côtières et des villages à proximité des grands hôtels répartis sur le littoral.
Le tourisme n’est pas le seul secteur à procurer au pays de bonnes raisons d’en être fier. Le textile, en dépit de ses nombreux détracteurs, a aussi atteint des sommets auprès de ses clients surtout en Grande-Bretagne et en France. Même si les usines mauriciennes sont devenues, au fil des années, plus chères que ses principales concurrentes en Asie et en Afrique du Nord, elles restent cependant parmi les préférées des grands magasins de Londres, de Paris et de Milan. Parce que les produits manufacturés à Maurice sont, dans plusieurs cas, suffisamment de bonne qualité pour mériter la confiance des marques les plus connues de l’Europe. Les unes rivalisent avec les autres en prestige : La Redoute, Next, Asda, Banana Republic, H & M, ... Citez une marque, elle est probablement aussi fabriquée à Maurice.
Tout comme le tourisme, le textile sert bien la destinée de notre île. Quand Maurice était au bord du gouffre avec, comme une épée de Damoclès, près de 100,000 chômeurs il y a 20 ans, c’est le textile qui a sauvé le pays d’une instabilité sociale qui avait trop duré. Souvenez-vous des grandes marches de protestation des jeunes Mauriciens d’alors à la recherche d’un premier emploi sans savoir d’où il pouvait provenir.
S’il faut saluer bien bas les pionniers de la Zone Franche et ceux du tourisme, les entrepreneurs, les employés, les politiciens, tous les partis confondus, il faut cependant constater dans le même souffle, que beaucoup reste à faire.
Il faut d’abord embarquer par tous les moyens ceux qui sont laissés pour compte. Seule une politique de formation et d’éducation à grande vitesse, surtout dans les régions les plus défavorisées, permettra de résoudre de manière durable le problème de la pauvreté. Sans la formation et l’éducation, on peut difficilement envisager l’obtention d’un emploi à forte rémunération qui permettrait, à son tour, le rehaussement du niveau de vie. Cependant, l’autre défi aussi pressant pour tout gouvernement est celui de créer des emplois, en nombre suffisant, pour tous ces jeunes à leur sortie d’école. Ils sont environ 15,000 chaque année.
La nouvelle année sera sans doute une année de chance pour Maurice. Elle sera même exceptionnelle à plusieurs titres. Le prestige dont le pays a su construire au cours de ces vingt ans continuera à payer des dividendes. On n’attendra pas longtemps. Dans un peu plus d’une semaine, le monde du textile régional sera en ébullition avec, en point de mire, l’arrivée à Maurice de tous les grands décideurs de l’industrie manufacturière du continent africain. Avec pour interlocuteurs en face à face, les législateurs américains chargés de promouvoir le processus de l’industrialisation du continent africain. On n’aura jamais vu ça ! Le plus grand marché du monde, soit 375 millions de consommateurs incitant les Africains à vendre leurs produits chez eux ! Et ils ont choisi notre petit pays pour assumer le rôle d’hôte d’une conférence étalée sur trois jours.
Les retombées pour Maurice, si la bêtise humaine ne joue pas au plus malin, seront sans doute exceptionnelles, à court et à long terme. Et dire, on est qu’au mois de janvier.