05 janvier 2003, No 659

L’année de l’effort

Pluie d’étoiles pour Mauritours

Le restaurant La Cannelle, Domaine Les Pailles a scintillé le temps d’une soirée marquée par une pluie d’Étoiles composée par le Groupe Mauritours pour son traditionnel dîner de fin d’année. C’était le 17 décembre dernier et les stars se ramassaient à la pelle tellement qu’il en pleuvait!

 Patrick Leal et le couple Leung Shing, Georges
et Kety

 Ange Chang, Isabelle Mamotte, Anielle Ramsahye et Jannick Rochecouste

Crystel Sham et Melania Pizzinato, deux charmantes représentantes d’agences étrangères

 Devina Caulee, Catherine Noël, Sandy Dyson, Logini Pillay

Azad Allybocus, Feyzal Noorooya et Basseer Salumut

Nicole Grizell, Corinne Appasamy, Virginie Follet et Nadine Noël

Patrick Leal entouré de Linda Vithilingum, Patricia Nicolin, Catherine Bancilhon et Marie Christine Adolphe (de gauche à droite)

Devina Caulee, Natacha Blaize, Linda Malherbe et Jean Carl Palmyre

Par Darlmah Naëck


Maurice doit gagner la bataille économique.
Le forum de l’Africa Growth & Opportunity Act (AGOA), qui se tiendra bientôt au pays, représente pour nous une formidable opportunité. En même temps, il soulignera notre non-compétitivité.

 

La Convention de Lomé, de même que son annexe, le Protocole Sucre, a été, des années durant - et il l’est encore sous sa mouture Cotonou- une béquille indispensable pour notre développement. Au seuil du marché européen, nos produits ne sont pas taxés et ils ne sont pas soumis à un système de contingentement. L’AGOA, à peu de choses près, est une autre Convention de Lomé qui nous permettrait de conquérir le marché américain. C’est pourquoi ce mouvement de protestation qui se dessine à Maurice contre la tenue du forum est déplacé. C’est l’expression d’une position idéologique d’un autre temps. Elle souligne, cependant, la vitalité de notre démocratie.

La mondialisation est un processus, à notre sens, irréversible. Dans cinquante ans, par exemple, le concept de l’État-nation deviendrait obsolète. Nous allons nous fondre dans la région où, nous l’espérons, il y aurait une libre circulation des personnes et des biens. Nous sommes entrés dans une ère nouvelle dont la portée est incommensurable. Maurice ne devrait pas rater le coche. Et cela voudra dire, AGOA ou pas, Cotonou ou pas, que nous devrons pouvoir conquérir des parts du marché mondial. Et cela voudra dire aussi que nous devrions mettre un terme a notre xénophobie latente.

Nous devrions pouvoir accepter l’expertise étrangère après avoir décloisonné notre société. Nous devrions pouvoir intégrer les valeurs universelles dont la substance devrait être l’humanisme.
C’est cette dimension humaniste qui manque souvent à l’économie libérale. Business ne devrait pas dire affairisme. Il faudrait mettre un frein à la corruption.

Notre société, d’un autre côté, est bloquée parce que les richesses et les moyens de production sont concentrés entre les mains d’un petit groupe. Ce n’est pas vrai de dire, comme le pensent quelques intellectuels proches du pouvoir, que cette concentration est nécessaire pour gagner la bataille de la mondialisation. Les petites et moyennes entreprises, souvent hors zone franche, ont démontré qu’elles peuvent être créatrices de richesse et pourvoyeuses d’emplois. C’est à ce niveau que les pouvoirs publics devraient intervenir pour rectifier le tir. On a vu le contraire jusqu’à maintenant.

Il faudrait, d’autre part, réaffirmer nos valeurs laïques. La laïcité est un des moteurs du développement. Les religions deviennent trop envahissantes chez nous. Il faudrait les repousser avec force dans la sphère du privé. La religion, quelle qu’elle soit, est souvent dogmatique et potentiellement totalitaire. On n’est jamais assez vigilant, à cet égard.

Enfin, 2003 devrait être l’année de l’effort, de la discipline, de l’audace, de la créativité, de l’inventivité.

Il faut qu’on puisse faire un saut qualitatif. C’est à nos hommes politiques- parce qu’ils peuvent peser sur le cours de l’Histoire- de nous guider, de donner l’impulsion nécessaire.

L’Opposition devrait présenter aux Mauriciens un programme de gouvernement crédible. Le pouvoir actuel devrait être moins arrogant. Après tout, nous sommes dans le même bateau.
C’est ensemble qu’on va gagner la bataille économique.