05 janvier 2003, No 659

Au domaine du chasseur


Pluie d’étoiles pour Mauritours

Le restaurant La Cannelle, Domaine Les Pailles a scintillé le temps d’une soirée marquée par une pluie d’Étoiles composée par le Groupe Mauritours pour son traditionnel dîner de fin d’année. C’était le 17 décembre dernier et les stars se ramassaient à la pelle tellement qu’il en pleuvait!

 Patrick Leal et le couple Leung Shing, Georges
et Kety

 Ange Chang, Isabelle Mamotte, Anielle Ramsahye et Jannick Rochecouste

Crystel Sham et Melania Pizzinato, deux charmantes représentantes d’agences étrangères

 Devina Caulee, Catherine Noël, Sandy Dyson, Logini Pillay

Azad Allybocus, Feyzal Noorooya et Basseer Salumut

Nicole Grizell, Corinne Appasamy, Virginie Follet et Nadine Noël

Patrick Leal entouré de Linda Vithilingum, Patricia Nicolin, Catherine Bancilhon et Marie Christine Adolphe (de gauche à droite)

Devina Caulee, Natacha Blaize, Linda Malherbe et Jean Carl Palmyre

Introduction à la chasse à l’arc


Le chasseur bandant son arc


Avec sa silhouette qui fait penser tantôt à Robin des Bois, tantôt à Rambo, Lionel Berthault arpente les sentiers de montagne du côté de Anse Jonchée depuis une quinzaine de jours. Un arc à la main, il chasse.

Il se déplace presque en silence, comme un grand prédateur. Aux aguets, il avance, effleurant à peine les feuilles mortes et les branches. L’image qui nous vient un peu à l’esprit est celle de Rambo. Lionel Berthault, en tenue de camouflage, a, lui aussi, un arc impressionnant, avec quatre flèches aux pointes mortelles. Le Toulousain est venu chasser le cerf. “Quoi ? Avec un arc et des flèches ? Peut-on réellement chasser avec ?”, lui ont demandé ceux qui l’ont croisé auparavant. Il a souri et a répondu, “On peut même chasser un oiseau ou un éléphant avec… Une flèche peut suffire”.

Mais, ce n’est pas facile. La chasse à l’arc est un sacerdoce, une passion. Elle se vit dans la simplicité, dans la douleur même. Patience ! “J’ai attendu deux années avant de pouvoir tuer mon premier cerf, un élan de 220kg. Ces deux années, je l’ai pisté, appris à connaître la moindre de ses habitudes, ses parcours, son territoire. Une ou deux fois avant, je l’ai eu en mire, mais je n’étais pas sûr et je n’ai pas décoché ma flèche”, avoue le jeune chasseur de 27 ans. Lionel Berthault est d’abord un puriste. Ses yeux bruns le trahissent. C’est le regard d’un homme habitué à sa solitude, dans les bois, les forêts, les montagnes. “Cela m’est arrivé plusieurs fois, d’avoir un animal à une vingtaine de mètres de moi, mon arc tendu, ma flèche prête à transpercer son épaule. J’ai raccompagné ma flèche. Je me suis dit. Tu l’as eu… Pas besoin de tuer”. Avec un sourire d’enfant, il nous explique que souvent, pour lui, c’est surtout la joie d’avoir conquis l’animal sur son terrain qui est, de loin, la plus importante.

Stage en juin 2003
Il est un des premiers à venir chasser à l’arc à Maurice. Depuis les quelques jours qu’il est au Domaine du Chasseur, il a tué deux cerfs. “Mais c’était une chasse sanitaire dans le sens que les deux cerfs que j’ai pistés et tués étaient souffrants”, précise Lionel Berthault. Le jeune homme, écologue dans l’âme, n’est pas que chasseur. Il est aussi journaliste freelance pour le compte de divers magazines de chasse en France, formateur et responsable de la communication au sein de la Fédération des Chasseurs de la Haute Garonne en France. Venu à Maurice pour sonder le pontentiel de l’île comme une destination de chasse, celui qui a chassé en Alaska comme en Afrique profonde, s’est dit émerveillé, non seulement par le potentiel exotique existant, mais aussi par l’accueil des Mauriciens, notamment deux personnes qui lui ont ouvert les portes : le Dr Karl Mootoosamy de la MTPA et Alain O’Reilly. D’ailleurs, il compte revenir au mois de juin 2003 pour s’occuper d’un stage de formation au Domaine du Chasseur à l’intention d’éventuels chasseurs à l’arc mauriciens.

Mais la chasse à l’arc, est-ce réservé à une élite ? “En France, depuis que l’État a légiféré en faveur de la chasse à l’arc en 1995, il y a de plus en plus de jeunes qui s’y mettent, et également des femmes. D’ailleurs, je vais vous raconter une anecdote qui m’est arrivée quelque temps de cela sur une montagne en France où j’étais parti chasser. Le premier jour, j’avais pris un fusil et, en chemin, j’ai croisé des pique-niqueurs. C’est tout juste s’ils ne m’ont pas lynché, m’accusant d’être un tueur. Le lendemain, alors que j’avais le visage barbouillé de peinture de camouflage, j’ai croisé les mêmes personnes. J’avais mon arc. Elles sont venues vers moi pour me féliciter de pratiquer un sport noble. Je me suis essuyé le visage et me suis révélé. Ils ont été surpris et je leur ai dit qu’il ne fallait pas juger l’homme par ce qu’il tient. Mais pour revenir à la question, je dirai que non, la chasse à l’arc n’est pas réservée à une élite et elle ne coûte pas vraiment cher. Mais bien sûr, cela dépend comment on la fait. Il y a des arcs à partir de cinq cents euros et d’autres à près de deux mille. On peut aussi bien tirer adroitement avec un arc de 500 euros. Les flèches coûtent aux alentours de vingt euros”, explique Lionel Berthault.

Un mois d’entraînement suffi
Le formateur francais souligne qu’en un mois d’entraînement, un archer peut devenir bon. “Mais bien sûr, cela dépend de la personne, de sa capacité ou de sa passion. En règle générale, au bout d’un mois, l’apprenti archer peut s’employer et se faire plaisir. Cependant, pour la chasse elle-même, cela prend beaucoup plus de temps. Il faut s’entraîner régulièrement et pratiquer dans les conditions réelles. C’est-à-dire sur des cibles mobiles dans n’importe quelle condition météorologique. Il ne faut pas oublier qu’avec un fusil, on peut atteindre un animal à cent, deux cents mètres alors qu’avec un arc, on doit s’approcher à au moins vingt à trente mètres, et que l’animal est aux aguets. Le moindre bruit, le moindre changement dans la direction du vent peut le faire sentir votre présence. En plus, il y a quelquefois l’excitation…”, poursuit-il, précisant l’importance de rester calme et savoir attendre quand on pratique cette discipline. “Avec un fusil, l’onde de choc suffit à tuer même si la balle n’atteint pas exactement l’endroit voulu alors qu’avec une flèche, ce n’est pas seulement important d’être précis, mais il faut aussi savoir attendre. Un animal abattu d’un coup de fusil est stressé alors qu’avec la flèche, si le chasseur ne bouge pas après avoir décoché, l’animal peut sembler dormir”, soutient Lionel Berthault.

Pour l’instant, plusieurs Mauriciens, selon Alain O’Reilly, semblent s’intéresser à la chasse à l’arc. “Cela s’inscrit dans la philosophie du Domaine où nous nous efforçons de respecter la nature et d’enseigner l’écologie aux jeunes. Éventuellement, nous réserverons un endroit pour la chasse à l’arc et notre souhait serait de voir de nombreux jeunes s’y intéresser”, conclut Alain O’Reilly.