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La LEÇON
MALGACHE
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Les petits plats dans les grands au ‘Cotton Bay’
L’hôtel Cotton Bay à Rodrigues n’a pas deçu ses clients pour les fêtes de fin d’année. Avec des moyens limités, le directeur Narain Sunassee a fait preuve d’imagination pour rendre le séjour des vacanciers agréable, avec la
collaboration d’un personnel motivé.

Corinne (née Carmagnole)
et Bruno Lamarque en pleine lune de miel

Véronique et Dominique Tomine, deux autres fidèles de l’hôtel

Le Dr Jean-Jacques Legrand et son épouse, Christine, clients réguliers qui viennent plonger tous les ans

Patrice Roussety et son épouse, Karin, qui attend un heureux évènement

Henri Leblanc, pour sa première visite dans l’île avec son épouse

Elizabeth et Pierre-Alain Mottier avec Johnson Meunier, le maître des lieux

Clothide Rouillard, Narain Sunassee et Guillemette Ismaël

Narain Sunassee et Jacky Degremont, responsable du centre de plongée
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Malgré ses travers, ses injustices, ses mesures correctives ethniques (avec le système des meilleurs perdants), nous ne nous rendons pas assez compte de la chance que nous avons eue jusqu’ici depuis des lustres que des élections à Maurice (municipales, conseils de villages et législatives) relèvent d’un exercice démocratique normal et que les électeurs se plient volontiers, malgré quelques grognements partisans de circonstance, au verdict des urnes.
Albie Sachs l’a dit et répété ad nauseum, notre système comporte des imperfections à corriger. À force souvent de voter avec rage pour exprimer son phénomène de rejet, l’électorat a eu tendance, depuis quelques consultations populaires maintenant, à fomenter et à pratiquer tous les cinq ans un coup d’État, parfaitement légal, en se débarrassant, à l’aide de quelques croix dans l’isoloir, de tout un parti politique pour le remplacer par un autre, quitte à revenir, plus tard, avec la même véhémence, renouer avec ceux qu’il avait envoyés lamentablement dans les ‘poubelles de l’Histoire’. À moins de changer toute une mentalité ou contraindre, à la pointe de baïonnettes, les électeurs à faire le tri entre l’ivraie et le bon grain des candidatures pour éviter l’inévitable 60/0, porteur de tous les casse-tête constitutionnels, il est à prévoir que dorénavant le désir de changement est tel chez les électeurs qu’ils ne seront pas de si tôt immunisés de cette maladie de changement de fond en comble. Faut-il les en blâmer pour autant quand les états-majors font tout, quand ils sont au pouvoir, pour mériter les coups de pied qui leur sont infligés?
Bien sûr, personne n’est dupe. Les votes s’achètent aussi à Maurice, mais le scandale n’est pas hors de proportion et n’est donc pas susceptible de modifier considérablement le comportement et le choix des électeurs lors des législatives, sauf pour les partielles à Flacq/Bon Accueil et à Beau-Bassin/Petite-Rivière, où le nombre restreint d’électeurs dans des périmètres exigus a permis une généreuse distribution de cadeaux électoraux avec une incidence certaine sur l’issue de ces deux consultations. La corruption de l’électorat devrait être sévèrement sanctionnée, comme les dépenses non-autorisées devraient entraîner la disqualification automatique des élus qui s’en seraient rendus coupables comme c’est le cas ailleurs. Pour cela, il faudrait que la Commission Électorale dispose de moyens constitutionnels considérables pour mener à bien sa tâche et appliquer la guillotine pour étêter là où il faut. Quant à l’introduction d’une dose de proportionnelle dans notre système pour respecter les votes exprimés par une grosse tranche de l’électorat, souvent frustrée en termes de représentation à l’Assemblée Nationale, un consensus s’est dégagé en sa faveur…
Cela dit, les élections présidentielles malgaches sont riches pour nous en enseignements. Tout d’abord parce qu’elles ressemblent à un semblant d’élections africaines. Ce n’est pas la première fois que l’expérience électorale malgache suscite de telle réactions violentes. À chaque fois, quand elle a lieu, bien sûr, elle a été hérissée de flagrantes irrégularités, de fraudes massives, du dopage des urnes, d’intimidation de paysans-électeurs, d’utilisation exclusive de la télévision d’État par le président sortant avec la proclamation des résultats ne reflétant pas le vœu de l’électorat malgache. Avec pour conséquence, un rival et son électorat frustrés se retrouvant régulièrement sur l’avenue de l’Indépendance, paralysant la ville et les activités économiques comme c’est le cas actuellement avec, en prime, des affrontements avec les forces de l’ordre.
Malgré les bonnes résolutions prises au sommet de Baule au début des années 90 au cours duquel François Mitterrand avait assorti l’aide de la France à l’exercice démocratique, force est de constater que beaucoup de pays africains francophones (y compris Madagascar), pour de multiples raisons culturelles et politiques, n’ont jamais pu instaurer, dans la sérénité, de telles pratiques. Sur le continent africain, d’une manière générale, les pays mahgrébins aussi bien que ceux du sub-saharien n’ont jamais respecté les élections, encore moins, faut-il le préciser, les droits fondamentaux de l’Homme. Bien au contraire, une idéologie obscurantiste, des guerres tribales et ethniques, des dictateurs sanguinaires, une pratique monarchique désuète dans des pays immenses et sous-développés ont permis que s’instaurent des régimes de terreur connus pour leur propension à éliminer toute forme de résistance et d’opposition. Nous n’avons donc rien à leur envier sur ce plan.
En revanche, même après la longue dictature ratsirakienne sur l’ensemble de la Grande Île pendant au moins dix-huit ans, le Saint-Cyrien est toutefois revenu aux affaires, après une longue traversée du désert, grâce à une majorité de Malgaches qui, aujourd’hui, semblent lui dire qu’il a fait son temps. N’étant pas sur place, il est impossible de savoir avec exactitude ce qui s’y passe tant que le Conseil Constitutionnel n’aura pas statué sur les résultats du premier tour des présidentielles. Quoi qu’il en soit, son rival, Marc Ravalomanana, n’avait pas d’autres recours peut-être que de faire exercer la pression de la rue pour contraindre le Président sortant à être plus attentif aux grondements de la population afin que les résultats ne soient pas manipulés par un Conseil à sa solde, dit-on.
Bien que la réputation de nationaliste forcené de Marc Ravalomanana ait rendu frileuse la communauté des affaires à Madagascar, surtout à Antananarivo, il est évident qu’il a été contraint d’exhorter ses partisans à quitter la rue pour réintégrer leurs usines. Parce qu’il ne peut courir le risque, dans l’éventualité de sa victoire, de prolonger un climat instable, de remettre en cause les engagements pris auprès des investisseurs étrangers, de donner le sentiment aux chancelleries qu’il existe à Madagascar des risques pour la sécurité des biens et des personnes et encore moins le moindre soupçon de dérapage vers des pratiques qui ont caractérisé les années 70.
Au contraire, il a envoyé un signal fort au monde des affaires en demandant aux grévistes ponctuels de rendre à leurs employeurs les quelques jours pendant lesquels les usines ont chômé. La classe politique malgache a-t-elle enfin compris que les enjeux économiques doivent primer sur les considérations partisanes ? Pour d’autres pays où les habitants vivent bien, deça du seuil de pauvreté, perdre le droit de vote passe inaperçu et la perte d’un emploi est tout à fait insignifiante. Mais Madagascar, membre d’un bloc économique important dans cette partie du monde, ne peut s’offrir ce luxe. S’il ne veut pas revivre le marasme économique qu’il a connu dans le passé.
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