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Le Père Henri Souchon : |
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En l’honneur
de la ministre allemande
L’ambassade d’Allemagne à Maurice a offert un cocktail en l’honneur de Mme Herta Daubler-Gmelin, ministre allemande de la Justice qui était en visite à Maurice la semaine dernière. Fait rare pour ce genre d’événement social: l’hôte, l’ambassadeur allemand, n’a pu honorer de sa présence la réception vu qu’il était bloqué à Antananarivo à cause de la grève générale qui avait paralysé la capitale malgache, la semaine dernière.

Lorsque deux ministres de la Justice se rencontrent. La ministre allemande, Herta Daubler - Gmelin, en compagnie de son homologue mauricien, Emmanuel Leung Shing

Brin de causette entre Karl Offman
et Arnaud Dalais

Les deux ministres discutant justice
\avec le consul allemand Wolfgang Reith

Le vice-Premier ministre en conversation avec la ministre allemande sous le regard du consul

Le ministre Sam Lauthan et Karl Offman en pleine discution avec Silke Becker, magistrat du parquet allemand

Le consul allemand conversant avec le ministre mauricien Prem Koonjoo et le Speaker de l’Assemblée
nationale
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“Ceux qui prétendaient qu’ils avaient droit à un Chef juge, un Commissaire de police ou un Premier ministre parce qu’ils sont majoritaires auront à changer leur fusil d’épaule”.
Q. Pourquoi les statistiques vous intéressent-elles ?
R. J’ai épluché les statistiques en 1972, 1983, 1990 et maintenant en 2000.
Les statistiques sont une science moderne qui permet d’interpréter le présent et prévoir l’avenir.
Politiciens, économistes, sociologues s’appuient aujourd’hui sur les statistiques. Les chiffres parlent.
Q. Selon vous, quels sont les faits saillants des dernières
statistiques ?
R. Je voudrais ici commenter seulement les statistiques religieuses, ce qui est dans ma compétence.
Voici les chiffres :
Catholiques 1972
1983 1990
2000
245 570 250 125 287 726 278 251
29,7% 25,9% 27,7%
23,6%
Je note chez les Catholiques une baisse régulière, qui passe de 29,7% de la population en 1972 à 23,6% en 2000, sauf en 1990 où on note une augmentation de 1,8% par rapport à 1983.
Q. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
R. 1. L’émigration massive qui a eu lieu à l’Indépendance. L’Australie, l’Afrique du Sud, le Canada ont accueilli des dizaines de milliers de Catholiques.
2. L’Action Familiale qui a insisté sur la parenté responsable chez les Catholiques.
3. Le divorce entre la vie moderne et l’Église catholique (argent, sexe, vie facile). Les jeunes ne se retrouvent pas dans une Église qui ne parle pas leur langage : messes dominicales ternes et sermons inadaptés. L’attaque frontale des Mission Salut et autres Pentecôtistes qui proposent une religion “panadol” qui guérit et qui console.
À noter, cependant, que ces statistiques ont été faites en 2000. Et depuis, il y a eu le phénomène Grégoire qui a rassemblé les foules dans les coins les plus reculés de Maurice. Et l’apothéose a eu lieu à la Reine de la Paix où une foule de 75 000 fidèles ont vibré de midi à 16 heures (certains étaient déjà là à 7 heures du matin). On a distribué 85 000 images. Quelques-uns, cependant, en ont demandé deux.
Mais un fait reste certain : le nombre de Catholiques entre 1990 et 2000 a diminué selon les statistiques et ce, proportionnellement et aussi quantitativement.
Q. Et les Chrétiens non-catholiques ?
R. Les Anglicans sont réduits à 3 102 et les Presbytériens à 612. La décolonisation a joué contre eux maintenant que le Service civil n’est plus dans la main des Anglais.
Les groupes pentecôtistes font un bond en avant. Phénomène qui n’est pas seulement mauricien mais mondial, surtout en Amérique du Sud.
Si on ajoute les 278 251 Catholiques aux 101 050 Chrétiens non-catholiques, on arrive à 379,301 Chrétiens, soit 32,2% de la population.
Les Pentecôtistes attirent chez eux beaucoup de monde et cela devrait donner matière à réflexion aux uns et aux autres.
Q. Et les Hindous dans tout cela ?
R. Encore une fois, voici les chiffres :
1972 1983
1990 2000
421 701 506 486 524 940 585 210
51,6% 52,5% 50,6%
49,6%
Q. Comment expliquer cette diminution proportionnelle constante depuis 1983 ?
R. Tout d’abord, les Hindous ont, eux aussi, adopté la parenté responsable. Ils sont plus nombreux que les Catholiques à l’Action Familiale.
Mais il faut voir les choses en face. La Mission Salut et autres groupes pentecôtistes ont accueilli un nombre considérable d’Hindous. Les cérémonies des pandits n’attirent pas beaucoup les jeunes. Il n’y a qu’à assister à un mariage hindou pour s’en rendre compte. Le rituel a l’air d’être coupé de la vie moderne et n’apporte pas de réponses aux interrogations de l’homme d’aujourd’hui (comme chez les Catholiques du reste). Qui se soucie aujourd’hui d’un Gandhi ou d’un Viveknanda parmi les jeunes ?
Je pose aussi une question délicate. Les Rajputs et les Raviveds sont peut-être allés vers Salut et Guérison pour échapper au carcan des castes.
Des centaines de milliers de Dalits en Inde vont vers l’Islam ou le Bouddhisme pour la même raison.
Par ailleurs, ces chiffres vont toucher la politique. Les Hindous - de communauté majoritaire - sont devenus minoritaires (-de 50%). Ceux qui prétendaient qu’ils avaient droit à un Chef juge, un Commissaire de police ou un Premier ministre parce qu’ils sont majoritaires auront à changer leur fusil d’épaule.
Q. Et les Musulmans alors ?
R. Les Musulmans sont stables autour de leur 16,6%. Mais qu’ils ne se glorifient pas. Attention à leur jeunesse (bière, disco, mode) ! Attention à Bollywood ! Les filles musulmanes s’habillent aujourd’hui comme tout le monde.
Il y a l’Arabie Saoudite. Mais il y a aussi Bahrein et Dubayy. Il y a la musique et la télévision.
Q. Que pensez-vous des athées et des agnostiques ?
R. Ils sont 4 912 Mauriciens à déclarer qu’ils sont sans religion, comparé à 3 424 en 1990. Soit ils croient que Dieu n’existe pas ou tout simplement, si Dieu existe, ce n’est pas leur problème. L’augmentation sensible de ce type de Mauriciens est aussi un facteur intéressant à noter.
- Et pour conclure ...
R. Je crains que certains risquent de s’énerver de mes remarques. Mais les chiffres sont là et il est inutile de se voiler la face. La réalité des chiffres est là, parlante, et nous interpelle.
Darlmah Naëck
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