 |
CASSAMWASSALAAM
|
 |

En l’honneur
de la ministre allemande
L’ambassade d’Allemagne à Maurice a offert un cocktail en l’honneur de Mme Herta Daubler-Gmelin, ministre allemande de la Justice qui était en visite à Maurice la semaine dernière. Fait rare pour ce genre d’événement social: l’hôte, l’ambassadeur allemand, n’a pu honorer de sa présence la réception vu qu’il était bloqué à Antananarivo à cause de la grève générale qui avait paralysé la capitale malgache, la semaine dernière.

Lorsque deux ministres de la Justice se rencontrent. La ministre allemande, Herta Daubler - Gmelin, en compagnie de son homologue mauricien, Emmanuel Leung Shing

Brin de causette entre Karl Offman
et Arnaud Dalais

Les deux ministres discutant justice
\avec le consul allemand Wolfgang Reith

Le vice-Premier ministre en conversation avec la ministre allemande sous le regard du consul

Le ministre Sam Lauthan et Karl Offman en pleine discution avec Silke Becker, magistrat du parquet allemand

Le consul allemand conversant avec le ministre mauricien Prem Koonjoo et le Speaker de l’Assemblée
nationale
|
 |
|
Par
Finlay Salesse
L’on épiloguera pendant longtemps encore sur les circonstances dans lesquelles le Président Cassam Uteem a soumis sa démission à quatre mois de la fin de son mandat. En refusant de signer l’autorisation pour que ‘The Prevention of Terrorism Bill 2002’ devienne force de loi, après son vote à l’Assemblée Nationale, et en proposant des amendements qui ont été abondamment commentés et rejetés lors d’un deuxième passage devant les parlementaires, Cassam Uteem ne pouvait pas ne pas appréhender les conséquences qui en découleraient : soit, pour l’honneur, il soumet sa démission ou attend sa destitution, soit, dans le déshonneur et l’indignité, il revient sur sa décision, donne son assentiment et se cramponne à son fauteuil présidentiel pour effectuer, dans les meilleures conditions possibles, son pèlerinage religieux en Arabie Saoudite. Ce qui peut être une première lecture des événements pour donner à ce départ inévitable une allure de panache.
|
 |
|

|
Mais dans ce genre de polémique, souvent les textes cliniques balaient les états d’âme. La Constitution est d’une rare limpidité dans ce cas de figure et Paul Bérenger, lors de sa conférence de presse hier, s’est prévalu de la Section 46 (2)(d) pour confirmer que l’ex-Président, en fait, n’a pas respecté le parchemin qu’il était censé défendre en refusant de signer alors que les procédures l’y contraignaient. Son amitié pour son ex-camarade mauve a tempéré l’ardeur de ses attaques. Si Anghidi Chettiar, le Président p.i., récidivait et refusait de signer, ‘ce serait un viol de la Constitution’ ; en revanche la démarche de ‘mon ami Cassam’ relève d’une ‘entorse qu’il a faite à la Constitution’. C’est dire que si la main du Président p.i. hésite, il passera immédiatement à la trappe par le truchement d’une motion du Premier ministre à l’Assemblée Nationale, soutenue par une majorité simple.
Seuls quelques nostalgiques risquent de voir dans ce bras de fer qui a opposé Cassam Uteem à ses ex-compagnons d’armes (Anerood Jugnauth et Paul Bérenger) depuis le 4 février dernier, une collision provoquée uniquement par le hasard d’un projet de loi. Le terrain entre l’hôtel du gouvernement et la ‘State House’ était miné depuis quelque temps déjà. Si les relations entre les deux parties n’étaient pas ‘tendues’, (comme en témoigne un communiqué présidentiel) , elles étaient, pour dire le moins, crispées depuis que le ministre des Affaires Étrangères, Anil Gayan, avait publiquement déclaré que c’est à Port-Louis qui s’oriente la diplomatie mauricienne. Paul Bérenger avait tenté de sauver les meubles à l’époque. ‘The Prevention of Terrorism Bill 2002’ a permis un pourrissement complet de ces relations. Comme dans tout conflit entre frères ennemis, ce n’est pas l’essentiel qui achève la rupture, mais des formules maladroites qui blessent et qui provoquent des situations de non-retour. Dès que Cassam Uteem s’est senti humilié et blessé par des ‘rumeurs’, émanant de sources proches du gouvernement, selon lesquelles il ‘vivait mal la fin de sa présidence’, il s’est arc-bouté dans une posture intransigeante quitte à ne pas laisser d’autre alternative au gouvernement que de repasser le projet de loi à l’Assemblée Nationale sans amendements. Dès lors, les dés étaient jetés.
Personne digne de ce nom ne prêterait à Cassam Uteem des intentions relevant de considérations sectaires. L’homme nous a habitués d’ailleurs à l’air pur des hautes altitudes. Mais il ne pourra faire taire ses détracteurs qui vont s’en donner à cœur joie pour conférer à toute sa démarche une connotation hautement communale. Mercredi dernier, il nous faisait part de ses appréhensions dans ce sens, allant même jusqu’à nous révéler qu’une telle perversion aurait pu le contraindre à signer pour éviter qu’on l’enfermât dans une telle camisole de force. « Mais, je ne signerai pas ! » nous a-t-il affirmé.
Mais pour avoir été à l’école MMM depuis 1976, Cassam Uteem n’a pas attendu le retour du texte de loi à la ‘State House’ pour prendre sa décision. Dès le début de cette épreuve de force, il savait qu’en cas de ‘deadlock’ il n’aurait pas d’autre alternative que de claquer la porte du Réduit et qu’à partir de cette décision plusieurs options lui étaient offertes. Ce qu’il a laissé comprendre lors de son intervention à la télévision vendredi soir. ‘Je n’exclus aucune possibilité », a-t-il répondu à la journaliste qui lui demandait s’il comptait réintégrer l’arène politique.
D’où notre titre ‘Cassamwassalaam !’ pour signifier l’au-revoir du Président. En attendant son retour.
Cassam Uteem a, en fait, quelques solides options, et, sexagénaire, il n’a nullement l’intention de regarder sa vie dans un rétroviseur. Il sait que sa présidence jusqu’ici lui a donné une dimension nationale, une popularité sans faille et une adhésion de l’opinion surtout en situation d’urgence comme en témoigne le dernier sondage ‘Taylor Neslon/Business Magazine’ qui le crédite d’un taux de 82% au hit-parade de la popularité. C’est un capital politique qu’il ne compte certainement pas jeter par la fenêtre ; utilisé à bon escient, cela peut lui rapporter d’immenses dividendes. La communauté musulmane en manque de leader, le Hizbullah à terre, les politiciens du Parti Travailliste peu crédibles, la tentation serait grande d’en devenir l’étendard ; bien que nous sachions qu’il ne saurait se contenter de paramètres étroits de Plaine Verte où il retournera, inévitablement, en manière de retour aux sources premières, pour renaître de ses cendres et redevenir le ‘soft’ ayatollah qu’il fut et qui fit les beaux jours du MMM !
Son scénario n’exclut pas la création d’un nouveau parti qui, en alliance avec un Parti Travailliste totalement détalibanisé, pourra prétendre ravir le pouvoir à l’équipe de Paul Bérenger en 2005. Et dans ce cas de figure, Cassam Uteem occuperait volontiers le fauteuil de numéro 2 ou effectuerait son grand retour à la State House. Ce qui serait, pour lui, une belle revanche ! Comme celle d’Anerood Jugnauth en septembre 2001.
L’autre option porte le nom d’Oomar. Celui de son fils, cardiologue, qui piaffe d’impatience depuis quelques années dans le ‘starting-block’, mais tenu en bride par le père ; car n’a-t-il pas été agréé chez les Uteem, à Mare Gravier, que tant que Cassam sera au Réduit, le fils devra se contenter de ses électrocardiogrammes ! Dans ce cas de figure, le père ne manquera pas de guider les pas de son fils dans les méandres de la politique, d’assurer son élection dans une circonscription ‘sûre’ pour ensuite, comme patriarche, prendre possession, de plein droit, de la ‘State House’.
Après Ramgoolam, Duval, Boolell, Mohamed, Jugnauth, Cassam inaugurera la dynastie Uteem. Avec toujours en bout de piste, la présidence !
|
 |