17 fevrier 2002, No 613

Richard Bohringer


En l’honneur 
de la ministre allemande

L’ambassade d’Allemagne à Maurice a offert un cocktail en l’honneur de Mme Herta Daubler-Gmelin, ministre allemande de la Justice qui était en visite à Maurice la semaine dernière. Fait rare pour ce genre d’événement social: l’hôte, l’ambassadeur allemand, n’a pu honorer de sa présence la réception vu qu’il était bloqué à Antananarivo à cause de la grève générale qui avait paralysé la capitale malgache, la semaine dernière.

Lorsque deux ministres de la Justice se rencontrent. La ministre allemande, Herta Daubler - Gmelin, en compagnie de son homologue mauricien, Emmanuel Leung Shing

Brin de causette entre Karl Offman et Arnaud Dalais

Les deux ministres discutant justice \avec le consul allemand Wolfgang Reith

Le vice-Premier ministre en conversation avec la ministre allemande sous le regard du consul

Le ministre Sam Lauthan et Karl Offman en pleine discution avec Silke Becker, magistrat du parquet allemand 

Le consul allemand conversant avec le ministre mauricien Prem Koonjoo et le Speaker de l’Assemblée nationale

Itinéraire d’un nomade 

Le cinéma a croisé sa route par hasard mais lui se dit errant, amoureux fou des terres et des cultures étrangères. Un homme au coeur simple d’un enfant mal-aimé qui se prénomme Richard Bohringer.


Heureux qui comme Ulysse a tant voyagé! Son regard noyé dans le bleu-vert fait penser à ces sentiers inconnus qu’il a pris plaisir à découvrir au fil des années, à ses nombreuses rencontres et à ces sourires esquissés au Burkina Faso ou encore à Dakar, en Inde ou en Afrique. “Je suis un errant, un nomade. De toute façon, je viens de la rue. Je ne vis pas comme un touriste mais je viens à la rencontre des peuples. J’aime la simplicité ”, nous déclare le comédien Richard Bohringer. Car sa vie est empreinte de souvenirs. Pas toujours bons, dit-il. 

Quand il était haut comme trois pommes, il était confronté à bien des tourments. “J’ai eu une enfance très douloureuse. Au bout du compte, je ne crois même pas avoir jamais été un enfant car je devais faire face à la solitude et surtout à l’absence de mes parents”, soutient notre interlocuteur, qui a vu le jour à Moulins en France, un 16 janvier 1941. Sa première leçon de la vie, c’est dans la banlieue qu’il l’a apprise. “C’est là que j’ai appris le sens du combat, la générosité de certains et les difficultés de la vie”, ajoute Richard Bohringer, qui séjourne actuellement à l’hôtel Tamarin et qui ira bientôt à Melville avant de repartir en France le 25 février prochain. 
Le bonheur, c’est sur les lits d’hôpitaux qu’il a pû y goûter. Atteint de cécité et de tuberculose, le comédien a dû être hospitalisé à plusieurs reprises. “Ma tête est remplie de souvenirs d’infirmières. Leur constance, leur gentillesse et cette notion de fragilité sont encore ancrées dans mon esprit. C’était un moment où j’avais enfin connu une certaine attention”, ajoute-t-il. 

Après ces étapes douloureuses, il a fait le tour des petits boulots. “J’ai beaucoup parcouru le monde et j’ai exercé plusieurs métiers dont celui de mécanicien avant de me lancer dans le cinéma. D’ailleurs, c’est un milieu que j’ai connu par hasard et j’ai fait ce métier parce qu’il fallait que je gagne ma vie. J’ai toujours tâché de survivre. Mon but, c’est tout simplement la vie, de tendre la main aux autres et de connaître les autres ”, affirme notre interlocuteur. La musique et l’écriture tiennent un rôle prépondérant dans sa vie. Il est l’auteur de deux oeuvres littéraires. “C’est une véritable passion chez moi et cela occupera plus de place à l’avenir. J’aime tous les types de musique, surtout celle de l’Afrique”, confie-t-il. 

Comme par hasard 
C’est en 1970 que Richard Bohringer a débuté sa carrière d’acteur en jouant dans le film ‘La maison’ sous la houlete du réalisateur Gérard Brach. On lui doit aussi de remarquables prestations, entre autres, dans ‘Le dernier métro’, en 1980, où c’était le cinéaste François Truffaut qui l’avait dirigé, dans ‘L’addition’ aux côtés de Richard Berry et #dans ‘Le grand chemin’ qui lui a valu justement le César du meilleur acteur en 1987. Un an plus tard, il se faufilera dans la veste d’un ‘homme en colère’ - téléfilm qui lui a rapporté un 7 d’or. Richard Bohringer s’est essayé à plusieurs genres cinématographiques. Et, comme le virus familial est contagieux, sa fille, Romane, n’y a pas non plus echappé. Comédienne amourachée de Cyril Collard dans ‘Les nuits fauves’ et qu’on a pu remarquer dans l’excellent film ‘L’accompagnatrice’ aux côtés de son père. “Romane est une fille au tempérament volcanique mais elle est plus calme que moi. C’est toujours un véritable bonheur que de tourner avec sa fille dans un film”, explique Richard Bohringer. 

Il compte deux réalisations à son actif, notamment “Retour aux sources’ et ‘Les coquelicots sont revenus’ avec Clémentine Célarié. Il s’attèlera bientôt au tournage du film ‘Poil de carotte’. Et à un jeune débutant du milieu cinématographique, il lui dirait tout simplement :“ Avance, marche! Lève-toi! Crois, vis! Apprends la vie!”

Melhia Bissière